Des manifestants près de la Place Audin. Photo prise par Hadjer Guenanfa.

Hier mardi 26 mars, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a proposé l’application de l’article 102 de la Constitution qui constitue pour lui une « solution à même d’aboutir à un consensus de l’ensemble des visions, et faire l’unanimité de toutes les parties ».

L’article en question porte sur la déclaration de vacance du pouvoir et prévoit deux situations. La première est l’état d’empêchement suite à la maladie grave du président de la République. La seconde est celle de sa démission ou de son décès.

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Le départ du chef de l’État, malade depuis plusieurs années est désormais une certitude. Mais le message du vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major ne réjouit pas tout le monde. Au sein de l’opposition, il provoque une véritable levée de boucliers.

Le RCD évoque un « coup d’État contre le peuple ». Des militants des droits de l’homme dénoncent le recours à l’article 102 à un mois de la fin du mandat du président Bouteflika prévue le 27 avril à minuit.

Le Parti des travailleurs (PT) évoque « une immixtion dangereuse du militaire dans le politique ». Son groupe parlementaire a annoncé, dans le même communiqué, sa démission de l’APN. Pour Mostefa Bouchachi, « l’application de l’article 102 est une manière de faire avorter le mouvement pacifique qu’a connue l’Algérie le 22 février ».

Après le discours du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, le caractère décisif des nouvelles manifestations programmées le vendredi prochain constitue une certitude. L’équation de ce vendredi 29 mars reste, cependant, marquée par deux inconnues.

La première est la mobilisation de la rue. Verra-t-on des centaines de milliers voire des millions d’Algériens descendre dans la rue à travers tout le territoire national pour réclamer le départ de tout le système ?

Rien n’est certain pour le moment. Beaucoup d’Algériens voient dans l’annonce de M. Gaid Salah un bon début tout en estimant que la mobilisation doit continuer. Hier, le Club des magistrats libres a soutenu toute position allant dans le sens du respect et de l’application de la Constitution.

Appuiera-t-il davantage la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution ? Changera-t-il de position par rapport aux actions de protestation ? L’adhésion des magistrats à ce mouvement populaire était capitale.

La deuxième inconnue est la réaction des autorités. Quelle solution pourraient-elles encore proposer aux Algériens pour apaiser les tensions ? Ont-elles d’ailleurs d’autres solutions à proposer aux manifestants ? Comment vont-elles réagir face à de nouvelles actions de protestation de grande ampleur ?

Depuis les premières marches du 22 février dernier, les forces de l’ordre n’ont pas eu recours à la répression. Des interpellations ont été enregistrées et du gaz lacrymogène a été de temps en temps utilisé. Mais les marches se sont déroulées pacifiquement et sans grands incidents.

Des images émouvantes de la police antiémeute saluée par la population à la fin des manifestations ont été partagées par des milliers de personnes. Les services de sécurité réagiront-ils de la même manière face aux manifestations de ce vendredi 29 mars ? Pour l’instant, rien ne permet d’en douter.

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