Said Sadi a estimé, ce mercredi 27 mars, que l’intervention du chef d’état-major de l’armée portant sur l’application de « l’article 102 de la Constitution consacrant l’incapacité du chef de l’Etat à exercer ses fonctions » était « grave en la forme et en son fond ».

« Le recours à l’article 102 implique le transfert du pouvoir au président du Conseil de la nation jusqu’à l’élection présidentielle, ce qui revient à enfermer la dynamique citoyenne qui a mobilisé des millions d’Algériens pour le changement radical dans des structures et des mécanismes obsolètes et condamnés par des marches historiques qui ont suscité l’admiration du monde », indique l’ancien président du RCD.

« Sur le fond, et quelles que soient les raisons qui l’ont inspirée, cette sortie est inopportune car elle risque d’entraîner l’armée dans une spirale qui la mettrait en première ligne face au peuple. Or, fondamentalement, l’impasse algérienne n’est que la conséquence de la militarisation de la vie politique », ajoute-t-il.

Pour lui, la « révolution citoyenne en cours impose de voir la réalité en face ». « On ne peut pas sauver le régime et l’Algérie. Le failli ne peut pas gérer la faillite. Les artifices juridiques et administratifs propres à un régime moribond ne sont plus de mise dans un moment de vérité historique qui appelle au courage et à l’innovation pour engager un processus politique nécessairement extérieur aux us et pratiques qui ont conduit à la situation actuelle », poursuit-il.

Said Sadi rappelle les propositions avancées « pour une transition démocratique consensuelle. La voie est étroite mais il n’y a pas d’autre issue ». « Comparée aux bricolages de structures provisoires qui se profilent, et qui ont été éprouvées avec les résultats que l’on sait dans le passé, ou aux tentations des coups de force dont le pays ne s’est jamais remis, la transition démocratique reste la formule la plus crédible et la plus viable », assure-t-il.

« Pour lui donner le plus de chance de réussir, il est capital que la mobilisation citoyenne demeure et s’accentue au moins jusqu’à sa mise en œuvre. Il y va de l’avenir du pays et de celui de nos enfants. Ils veulent et ont le droit de vivre libres et dignement dans leur pays », conclut-il.

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