Said Sadi est persuadé que les « manifestations vont se poursuivre » en Algérie. « Les manifestations vont se poursuivre. C’est une véritable lame de fond. J’ai vu beaucoup de manifestations et j’en ai organisé quelques-unes dans ma vie mais je n’ai jamais vu de marée humaine si importante depuis la déclaration d’indépendance de l’Algérie », a-t-il indiqué dans un entretien au Nouvel Obs.

« De quoi les lendemains seront-ils faits ? C’est un défi qui se pose à toute la classe politique et au-delà. Nous sommes tous concernés par le fait de donner du sens à ce mouvement de la jeunesse algérienne pour qu’il ne soit pas détourné comme trop souvent dans notre histoire », a ajouté l’ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Les Algériens doivent être « vigilants », selon lui. « Le régime peut essayer de contrer le mouvement par la récupération, par la répression ou la provocation sanglante. Nous savons maintenant que les incidents qui ont émaillé la fin de la marche de vendredi (1er mars, NDLR) étaient une provocation, le fait de voyous payés par des oligarques qui n’avaient rien à voir avec les manifestants. La police l’a d’ailleurs reconnu », a-t-il précisé.

Pour Said Sadi, les « promesses de Bouteflika » faites dans le message qui a accompagné le dépôt de sa candidature « n’auront pas d’effet sur la dynamique en cours et ceci pour plusieurs raisons ». Il évoque notamment le fait que « personne ne peut croire à un revirement politique qui amènerait le personnage à faire l’inverse de ce qui a constitué sa vie – coups tordus et reniements ».

« D’autre part, et plus conjoncturellement, ces propositions sont, pour l’essentiel, celles qu’a préconisées l’opposition depuis son retour aux affaires il y a vingt ans et qu’il a rigoureusement combattues. Enfin, il y a un rejet du personnage tel que toute parole de sa part est interprétée comme une ruse ou de la manœuvre », a-t-il soutenu.

Said Sadi a rappelé les manifestations qui ont eu lieu « dans la nuit même qui a suivi son dépôt de candidature ». « Ce qui peut se produire en revanche, et qui serait une vraie calamité, c’est qu’aucun clan ne pouvant affronter l’autre pour cause de discrédit symétrique, un compromis soit trouvé pour engager l’armée dans la rue avec toutes les dérives que l’on peut imaginer », a prévenu Said Sadi.

 

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