Said Sadi est revenu, ce dimanche 31 mars, sur le communiqué du ministère de la Défense nationale où le chef de l’état-major réaffirmait que l’application de l’article 102 de la Constitution était « l’unique garantie à même de préserver une situation politique stable ».

« Les tensions latentes qui opposaient les deux principaux clans du sérail s’exacerbent. Ces antagonismes, aux antipodes des scènes de ferveur populaire et de dignité citoyenne, vécues dans la liesse collective chaque semaine, font peser sur le pays de graves périls s’ils venaient à masquer ou, pire, à s’imposer devant l’aspiration à la libération nationale qui s’est révélée depuis le 22 février », prévient l’ancien président du RCD.

« Du point de vue de l’intérêt général, le seul qui compte en démocratie, les raisons obscures qui ont scellé la longue complicité des deux clans ne peuvent pas être plus crédibles que celles qui provoquent leur divorce aujourd’hui », ajoute-t-il.

Pour lui, le « destin des Algériens ne saurait être » désormais « otage ni d’un clan familial qui a saigné le pays ni d’une oligarchie militaire ». « Celle-ci a d’ailleurs longtemps hésité avant de tenter un positionnement encore équivoque par rapport à des revendications populaires clairement et massivement exprimées en faveur d’une rupture radicale avec un système politiquement illégitime, économiquement prédateur et moralement dégradant », précise-t-il.

Said Sadi estime que « l’Algérie nouvelle est née dans la rue grâce au courage et au sens du devoir et de l‘honneur de ses enfants ». « Ce n’est pas à elle de s’adapter aux rapports de force claniques mais à chacun de rejoindre, sans arrière-pensées, cette société plurielle, fraternelle, démocratique et moderne », écrit-il.

Selon lui, les manifestations populaires « attendent, maintenant, d’être traduites dans des cadres institutionnels conformes à ses besoins et qui ne peuvent relever de puérils et pathétiques bricolages gouvernementaux ». « Le logiciel sociétal a définitivement changé. Et cette mutation majeure et inédite n’est toujours pas enregistrée par ceux qui contrôlent encore les divers centres de décision. Le citoyen n’attend ni sauveur ni tuteur », assure-t-il.

« Opportunément rappelés par les manifestants, les articles sept et huit de la constitution désignent explicitement le peuple comme seul et unique arbitre du devenir national. Ces instruments peuvent conduire, dans des délais raisonnables, à une sortie de crise salutaire dans la mesure où leur application débouche naturellement sur l’ouverture d’une phase de transition devant être conduite par des mécanismes et des structures qui font déjà consensus », explique-t-il.

Said Sadi met en garde contre « toute entreprise contraignant ou bloquant la mobilisation historique du peuple pour son émancipation politique et sociale ». Pour lui, celle-ci « ne serait que vaine et dangereuse manœuvre de restauration d’un régime anachronique honni et, en réalité, méprisé par ses partenaires, quelles soient les concessions auxquelles il s’abaisse déjà ».

« Nul ne peut rééditer la tragique usurpation de 1962 qui a privé l’Algérien de sa victoire, l’a nié dans ses sacrifices et dépossédé de ses droits fondamentaux par des clans qui ont détourné et perverti un combat que beaucoup ont suivi de loin en spectateurs intéressés », affirme-t-il.

« L’Histoire est en marche. Elle a un moteur : une inébranlable volonté citoyenne ; elle a une méthodologie : la transparence démocratique ; elle a un objectif : le pouvoir du peuple souverain. Ces évidences patriotiques réhabilitées, réappropriées et réinvesties, que le monde salue et nous envie, doivent être impérativement préservées, renforcées et, au besoin, précisées. Il n’y a pas d’autres choix que de s’y conformer pendant qu’il en est encore temps », conclut Said Sadi.

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