« Je crois qu’on assiste à un mouvement d’ampleur historique », a réaffirmé Said Sadi, ce mercredi 6 mars, au sujet des manifestations populaires enregistrées à travers tout le territoire national depuis près de deux semaines.

« On est en train d’assister à une Nation qui est en train de renaître », a indiqué l’ancien président du RCD dans un entretien à TSA.  Dans son intervention, il dit espérer que les acteurs politiques comprendront le « caractère exceptionnel de cette insurrection citoyenne ».

Pour lui, la question relative au cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika est « dépassée ». « L’idée qui est clairement admise à mon avis est que le cinquième mandat est dépassé. En matière de perspectives, le cinquième mandat, c’est la Libye », a-t-il lâché.

« Ce n’est pas la faillite d’un homme, c’est la faillite d’un système politique », a ajouté Said Sadi. Selon lui, il ne faut pas se précipiter vers des élections. Il est important aujourd’hui « de remettre tout à plat » pour ouvrir des perspectives à un pays qui est en train de renaître, a-t-il soutenu.

« Nous devons être dignes et à la hauteur de la situation », a-t-il insisté en estimant aussi que le moment n’est pas aux « ambitions personnelles ». Said Sadi pense d’ailleurs que l’élection sera reportée. « Je pense que les citoyens ne laisseront pas les élections se dérouler sauf à tenir des élections clandestines », a-t-il dit.

L’Algérie n’est pas en train de vivre une crise politique, selon lui. « C’est une impasse historique », a-t-il précisé.

Interrogé sur le message du candidat Abdelaziz Bouteflika aux Algériens, Said Sadi évoque l’absence de crédibilité et de confiance. « On ne peut pas faire confiance à un homme qui renie un engagement aussitôt pris », a-t-il répondu. Le bilan de ses quatre mandats ? « C’est un bilan que l’histoire jugera très sévèrement », a-t-il tranché.

Said Sadi est revenu sur le rôle de l’Armée nationale populaire. Pour lui, l’ANP a une « opportunité historique pour être en synergie et en symbiose avec la population » et devenir ainsi la « digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) ».

« On ne demande pas à l’armée de trancher. On lui demande de ne pas s’opposer à ce mouvement historique », a lancé Said Sadi qui espère que l’armée « saura entendre cette demande historique ».

Questionné sur le rôle qu’il pourrait avoir dans ce mouvement, Said Sadi répond clairement : « en matière de responsabilité organique, je n’en veux pas ». Il a rappelé que la majorité des personnes sorties manifester sont des jeunes.

« Il est anormal du point de vue démocratique que la représentation politique ne soit pas fidèle à la sociologie de la Nation. Il faut que d’autres générations émergent », a insisté Said Sadi qui pense que sa « génération doit aussi passer le témoin ».

 

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