Said Sadi estime que ce vendredi « 12 avril signe l’acte de décès de l’armée politique en Algérie ». « Tout le monde s’accorde à dire que les manifestations de ce week-end furent encore plus importantes que les précédentes qui étaient déjà exceptionnelles. Mais ce n’est pas tout. Aujourd’hui, la réponse est aussi à considérer du point de vue de l’accélération des mutations politiques nationales », écrit-il sur sa page Facebook.

« Des éditorialistes et observateurs étrangers ont pensé que les menaces proférées par le chef d’Etat-major à partir d’Oran pouvaient dissuader la masse des Algériens à continuer leur protestation avec autant de vigueur et de détermination; l’armée étant toujours un tabou dont il ne faut pas discuter et encore moins critiquer les déclarations. Il n’en a rien été », assure l’ancien président du RCD.

Pour lui, « l’ampleur de la réaction populaire est d’abord une réponse au premier responsable militaire du pays ». C’est-à-dire, le chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah. « On peut, de ce fait, considérer que ce 12 avril signe l’acte de décès de l’armée politique en Algérie. Et cela est le plus important pour l’Algérie démocratique », affirme-t-il.

Said Sadi précise ensuite qu’il a marché aujourd’hui à Béjaïa « pour répondre à la demande de très nombreux messages » qui lui « ont été adressés pendant la semaine suite à l’incident opéré par quatre indicateurs, identifiés depuis comme tels ». « Que tous, du plus célèbre au plus anonyme trouvent ici l’expression de ma reconnaissance citoyenne », souligne-t-il.

« Au delà de ma personne, nos compatriotes de cette wilaya ont saisi que c’est la mémoire d’un combat qu’il fallait protéger pour que les nouvelles générations ne soient plus coupées du combat de leurs aînés. C’est probablement qu’à Bgayet, la population, plus qu’ailleurs, a tenu à faire comprendre qu’il y a des actes que la police politique ne pourra plus commettre. C’est fait. Et de belle manière », poursuit-il.

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Said Sadi s’interroge: les « potentats rentiers ont-ils enfin compris que l’Histoire est en marche et que rien ne pourra l’arrêter ? ». Pour lui, il est nécessaire de rester vigilants. « Les démonstrations les plus dignes et les plus spectaculaires – et les nôtres le furent, au point de soulever l’admiration du monde – ne suffisent pas toujours à ébranler les abonnés aux hégémonies prédatrices », rappelle-t-il.

« Il convient de demeurer unis et mobilisés. Il convient surtout de penser à varier nos méthodes de luttes si les sursitaires de l’Histoire veulent encore faire diversion ou s’illusionner sur leur capacité à intimider un peuple debout », conclut Said Sadi.

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