Les manifestations du vendredi 1er mars contre le système et le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika est un événement « historique », selon Said Sadi. « Sans préjuger de ce qui peut se passer par la suite, c’est véritablement historique, par son ampleur et la nature même de la manifestation », a déclaré l’ancien président du RCD à Europe 1.

« J’ai assisté à de nombreuses manifestations à Alger. Il m’est arrivé d’en organiser un certain nombre. Mais de cette nature-là, jamais. Le seul souvenir que j’ai et que l’on pourrait comparer à ce qui s’est passé, c’est l’explosion de joie qui a suivi la déclaration d’indépendance en 1962 avant que Boumédiène ne fracasse tout avec son coup d’État », a-t-il ajouté.

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Said Sadi a évoqué des « compromis » et des « consensus » autour d’une « phase de transition » dans le pays. « Je ne suis qu’une voix parmi d’autres, je n’ai aucune responsabilité organique dans mon pays, mais j’entends déjà des compromis, des consensus qui, à travers différents échanges entre certains partis politiques, certaines personnalités politiques, parlent d’une phase de transition qui amènerait évidemment la démission de Bouteflika et du gouvernement pour engager le pays sur de nouvelles perspectives », précise-t-il

« Il faut absolument faire de sorte que cette formidable énergie qui s’est libérée de façon pacifique, mais déterminée, ne soit pas neutralisée ni polluée cette fois-ci. Nous avons été dépossédés de la guerre de libération par des hommes qui ne l’ont pas faite en 1962. Il faut espérer que les Algériens, cette fois-ci, fassent preuve de la résolution qui leur a permis d’être exemplaires dans la décolonisation », espère-t-il.

Said Sadi ne croit pas « du tout » à la « menace syrienne en Algérie » évoquée jeudi par Ahmed Ouyahia. « Passons sur le pauvre Ouyahia qui est rappelé épisodiquement pour faire le ménage du régime pour aller au fond Je ne crois pas du tout à la menace syrienne en Algérie. Dans les manifestations, beaucoup de slogans ont dit que « l’Algérie n’est pas la Syrie » », a-t-il rappelé.

Said Sadi rappelle que « l’Algérie est passée déjà par cette terrible épreuve dans les années 1990 ». « On sait ce que la tentation islamiste veut dire. Je crois que les islamistes, eux même, ont compris qu’il n’y avait pas d’intérêt à se montrer trop. Je n’ai pas entendu de slogans islamistes et cela ne veut pas dire qu’ils ont disparu pour autant », dit-il.

« Il me semble aussi pour certains des dirigeants de cette mouvance qu’ils ont compris qu’il fallait s’adapter, s’accommoder à l’évolution de la société algérienne. Alors évidement est ce que tout cela ne va devenir éruptif dans un deuxième temps, ça dépendra de la mobilisation populaire, mais j’ai bien vu qu’il y avait une retenue dans l’expression islamiste à travers ces manifestations. L’effet groggy islamiste ne joue plus », affirme Said Sadi.

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