Said Sadi a appelé, ce jeudi 11 avril, le général Ahmed Gaïd Salah à partir. « En ces moments décisifs pour la patrie, chaque Algérien est mis face à ses responsabilités. Vous tout particulièrement. Il est temps de partir », écrit-il dans une lettre ouverte publiée sur sa page Facebook.

Pourquoi le chef d’état-major doit-il partir? « Parce que vous êtes âgé, parce que le système que vous avez soutenu a échoué et, surtout, parce qu’il est condamné par l’exceptionnelle mobilisation citoyenne qui fait renaître la nation depuis le 22 février », précise l’ancien président du RCD.

« Depuis le début de ce mouvement, votre discours a beaucoup varié. Vous fûtes un
partisan du cinquième mandat. Vous avez accusé les manifestants d’être manipulés en
vue de déstabiliser leur pays pour, enfin, admettre, formellement, que le peuple avait
raison, quitte à donner une interprétation opposée à ses revendications », poursuit-il.

Said Sadi prévient le vice-ministre de la Défense nationale contre les dangers d’ignorer le « sens profond du mouvement ». « C’est prendre le risque personnel de rester comme l’un des sombres repères de notre mémoire et, plus grave, d’entraîner l’armée dans une aventure où elle connaîtra la pire des épreuves : affronter ses concitoyens », met-il en garde.

« En outre, l’ancien maquisard que vous êtes sait que nul n’a gagné contre un peuple qui se lève », ajoute Said Sadi.

« Tout appelle à votre retrait. Le poids des ans comme l’époque que nous vivons invitent à la sagesse, au courage et à la lucidité. Il est temps de laisser la place aux nouvelles générations. L’époque des dictats militaristes est révolue. Ce serait une faute de jugement grave de ne pas comprendre qu’aujourd’hui, en Algérie aussi, le cri d’un citoyen est plus audible que le bruit d’un canon », écrit-il.

Dans sa lettre ouverte, Said Sadi assure au général Ahmed Gaïd Salah que la « question n’est pas de savoir » s’il doit partir « mais comment et quand cela va advenir ». « Ce n’est pas en recourant aux règlements de comptes que l’on va redonner confiance aux citoyens et crédibilité aux institutions; surtout quand les investigations ciblent certains acteurs et épargnent d’autres. La justice à la carte est l’une des facettes les plus insupportables de l’injustice », affirme-t-il.

« Vous avez une occasion unique de clore votre carrière par une décision patriotique qui pourrait transcender ou, du moins, relativiser ses points de faiblesses: faire rentrer l’armée dans les casernes et laisser l’Algérien inventer le grand destin que le militarisme lui a interdit depuis le premier jour de son indépendance », conclut Said Sadi.

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