Said Sadi a évoquéle rôle de l’armée dans la conjoncture actuelle, ce mercredi 13 mars, en critiquant les « interventions hésitantes », « maladroites » ou « contradictoires » d’Ahmed Gaïd Salah. « Une nouvelle société est en marche. Elle accouchera d’une nouvelle Algérie. Cette marche consacre la fin de l’armée politique et son emprise sur la Nation. Celui qui n’a pas compris cet appel est condamné à rester sur le bas-côté de l’histoire », a estimé l’ancien président du RCD au Forum du quotidien de Liberté.

« Les interventions hésitantes, maladroites ou contradictoires du chef de l’état-major témoignent des rapports de forces internes qui agitent le sérail et qui prennent en otage la Nation », a-t-il ajouté. Pour Said Sadi, cela « doit cesser pour bien du pays, pour le bien de l’armée et surtout parce que ceux qui ont disposé de cette institution en fonction de leurs positions, de leurs intérêts ou de ceux qu’ils représentent doivent savoir qu’ils n’ont plus d’autres choix que de se mettre au service du peuple ».

Selon lui, une « page se tourne » aussi « pour l’armée algérienne ». Said Sadi revient sur les dernières déclarations du vice-ministre de la Défense nationale qui a estimé que l’armée est « chanceuse d’avoir ce peuple ». « J’ai entendu récemment des paroles qui heurtent la conscience citoyenne et blessent chaque patriote. Ce n’est pas à l’armée de porter des jugements sur le peuple ou d’en être fière mais au peuple d’être fière de son armée, faut-il encore qu’elle le mérite », a-t-il lâché.

« L’armée algérienne comme tous ceux qu’interpelle ce mouvement est elle aussi appelée à se réinventer et doit être le reflet d’un peuple jeune, moderne et maintenant sûr de ses droits », a-t-il insisté.

Said Sadi reste optimiste concernant le mouvement populaire. « Peu de peuples sont capables de réaliser ce qu’accomplit actuellement le peuple algérien (…). Au regard de ce que j’observe dans la ferveur de cette jeunesse, nous sommes en mesure d’inventer et d’accomplir ce que d’autres peuples de la région n’ont pas su réaliser », a-t-il indiqué. Pour lui, les « actions de protestation de masse doivent se poursuivre par des marches mais par des grèves dont il faut savoir étudier les modalités appropriées ».

Said Sadi est convaincu que le chef de l’Etat « pour des raisons subjectives et objectives » ne partira pas « sans un rapport de force qui le contraint à l’abdication ». « Il vient lui-même faire une fois de plus la démonstration de son addiction au pouvoir. C’est pour cela que la pression doit être maintenue et renforcée jusqu’à son départ d’autant plus que l’armée donne à penser que pour l’instant privilégie son soutien à l’homme et à son clan plutôt que la fidélité au peuple », a-t-il affirmé.

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