Amar Saâdani est de retour. Comme en 2014, sa sortie n’est pas passée inaperçue. L’ex-secrétaire général du FLN commence par fustiger les soutiens du président qui ont brillé par leur absence au cours de ces derniers jours dans un contexte marqué par les manifestations populaires.

« Je regrette que les soutiens et l’entourage du président de la République fassent preuve d’ingratitude alors qu’ils ont été à l’origine de la situation actuelle », a-t-il indiqué dans un entretien à TSA.

Amar Saâdani accuse ensuite « l’État profond », c’est-à-dire l’ex-DRS, et son représentant, Ahmed Ouyahia, de tous les maux. L’ex-Premier ministre serait notamment à l’origine du cinquième mandat dont le président Bouteflika ne voulait pas, selon lui.

« C’est le groupe de l’État profond qui a fait sortir la carte du cinquième mandat. L’État profond s’est infiltré à la Présidence à travers Ahmed Ouyahia. C’est leur représentant », a-t-il lâché.

Pourquoi les conseillers du président n’ont pas réagi ? « Je ne parle pas des conseillers ou des personnes, mais des institutions. Le directeur de cabinet de la Présidence est le premier responsable de tout ce qui se passe dans cette institution. Il veille sur toutes les procédures administratives et les décisions du président. Il possède même le cachet de la Présidence », a-t-il insisté.

« Comment ont-ils (les conseillers, NDLR) laissé des lettres passer au nom du président ? », demandent les journalistes. « À plusieurs reprises, ils ont eu maille à partir avec lui (Ahmed Ouyahia) », a-t-il répondu.

« Je ne veux pas personnaliser les choses pour ne pas s’éloigner de l’État civil. Quand on est directeur de cabinet de la Présidence, on est responsable de tout. On ne dit pas que telle personne m’a dit ceci ou cela », a résumé Amar Saâdani.

Pour lui, le mouvement populaire est composé de trois groupes. Le premier est le « plus grand groupe » formé « de la population ». « Le deuxième groupe est composé de partis qui veulent avoir des acquis », selon lui. « Ils cherchent à cueillir les fruits de ce mouvement, mais le peuple en est conscient », a-t-il dit. Le troisième est celui « des infiltrés », a soutenu l’ex-patron du FLN.

Mais comment les conseillers du président ont pu laisser faire le représentant de « l’État profond » ? Comment explique-t-il qu’un Ouyahia aussi puissant soit régulièrement désavoué par la Présidence au moment où il était au Premier ministère ? Comment « l’État profond » continuerait à agir, selon lui, et de cette manière, avec tous les changements qui ont été opérés au sein de cette institution ?

Amar Saâdani n’a répondu à aucune de ces questions qui, par ailleurs, ne lui ont pas été posées. Autre point à retenir de cet entretien où il prend la défense du chef de l’Etat, le FLN pourrait avoir des candidats pour la prochaine élection présidentielle.

L’ex-secrétaire général du parti évoque trois noms: Abdelaziz Belkhadem, Abdelmadjid Tebboune et Mouloud Hamrouche. Dans ses réponses, Amar Saâdani évoque aussi un président malade qui, après un mois, « ne va pas refaire son mandat ».

« Laissez-le donc terminer ce mois et partir après. Le rêve du président est d’inaugurer la grande Mosquée (d’Alger), y rester ne serait-ce qu’un instant », a-t-il insisté.

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