La Place Maurice Audin lors de la manifestation du 8 mars. Photo prise par Hadjer Guenanfa.

Abdelaziz Bouteflika a annoncé, ce lundi 11 mars, le report de l’élection présidentielle du 18 avril prochain et son renoncement à briguer un cinquième mandat. Plusieurs personnalités et élus de l’opposition ont réagi à ce message adressé par le président de la République à la Nation.

Karim Tabbou estime que « les décisions annoncées de report des élections et du prolongement du mandat de Bouteflika est une manœuvre honteuse de faire semblant de tout bouger pour que rien ne bouge! Une supercherie digne des pratiques mafieuses ». « Ne laissons pas faire, mobilisons nous pour que cesse l’imposture. Mobilisons nous pour réaliser notre rêve: une Algérie libre et heureuse », lance-t-il sur Facebook.

Kamel Daoud appelle à « poursuivre » le « combat ». « Il faut un vrai conseil de Transition et de surveillance, un gouvernement de technocrates pour assurer les affaires courantes et une révolution portée dans les structures mêmes du Régime: UGTA, mandat de Wali, Justice, Syndicats, médias, patronat, diplomatie…etc », estime l’écrivain sur sa page Facebook.

« Il faut tout reconstruire, réfléchir, penser et assainir. il faut pardonner, accepter nos différences, mais exiger la vérité, les excuses et l’aveu. Il faut débattre, ne pas s’insulter, ne pas juger, éviter les tribunaux en traitrise et se faire confiance. Nous sommes différents, nous sommes unis, nous sommes algériens. Ce Régime peut ruser et nous pouvons encore marcher et le cerner. Mais il faut appeler à la raison, construire », a-t-il ajouté.

Ali Benflis : Pour le  président de Talaie El hourriyet, Abdelaziz Bouteflika « a transgressé de force la constitution en prolongeant son mandat ». Cette décision permet « aux forces extraiconstitutionnelles de garder leur mainmise sur le centre de décision », estime Benflis.

"الجزائر عاشت و عرفت تعدي بالقوة على الدستور"علي #بن_فليس

Gepostet von ‎Ali Benflis – علي بن فليس‎ am Montag, 11. März 2019

Le candidat à l’élection  présidentielle, Abdelaziz Belaid,  estime  que  le report des élections constitue « une transgression flagrante de la constitution ». Le président du  mouvement El Moustakbla tiendra demain une conférence de presse.

« Bouteflika ne se représente pas mais reste président au delà d’avril 2019 », constate Abdelaziz Rahabi. L’ancien ministre de la Communication ajoute: « à l’arrogance, il ajoute le mépris. Son obsession maladive pour le pouvoir menace la stabilité de l’Etat et l’unité de la Nation. Que Dieu préserve notre pays ».

« Un peuple veut se libérer d’un système pourri. Le chemin est plein d’embûches et de pièges qu’il faudra surpasser et éviter », écrit Ramdane Youssef Tâzibt, député du Parti des travailleurs (PT) sur sa page Facebook.

Sur sa page Facebook, l’ordre des avocats de Tizi Ouzou a annoncé le « maintien de la grève des avocats du 12 pars à l’échelle nationale ». « Restons mobilisés et gardons le CAP », écrit-il dans un message signé par le le bâtonnier S. Brahimi.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux Algériens appellent à la marche de l’affirmation et de la consolidation le vendredi 15 mars.

Dans son communiqué, le FLN a accueilli « avec une grande satisfaction » les décisions annoncées par le président de la République. Pour le parti, Abdelaziz Bouteflika a répondu aux aspirations du peuple algérien qui veut « plus de réformes politiques, économiques et sociales ».

Le report de l’élection présidentielle, le changement de gouvernement et la conférence nationale constituent une « véritable chance pour toute la classe politique et les composantes de la société civile ».

Pour Atmane Mazouz, député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), « l’ultime ruse de Bouteflika et son clan avec la complicité de la France va provoquer un tsunami ce vendredi ».

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