Ramtane Lamamra a répondu, ce mercredi 13 mars, aux questions des journalistes de la radio et de la télévision publiques concernant les décisions annoncées par le président de la République. Durant plus d’une heure, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a tenté, non sans difficultés, d’expliquer le « plan de travail » annoncé par Abdelaziz Bouteflika le 11 mars dernier et dénoncé par les manifestants.

Ramtane Lamamra a d’abord été interrogé sur le report de l’élection présidentielle initialement prévue le 18 avril. Sur quel base juridique la décision a été prise, demande la journaliste. « Les appels de ceux qui ont participé aux marches populaires ont été entendus. Le président de la République a décidé de ne pas organiser d’élection le 18 avril mais d’avancer l’organisation de la conférence nationale inclusive indépendante afin que les Algériens puissent discuter », a répondu le vice-Premier ministre.

Quelle assise juridique pour le report?

Pour lui, le décision du chef de l’Etat correspond à « un souhait exprimé par l’opinion publique algérienne ». « C’est au nom de la permanence de l’Etat et de la légitimité qu’il tient du suffrage populaire (…) que tout naturellement le président Bouteflika a indiqué que toutes les institutions de la République continueront à fonctionner normalement jusqu’à ce que le peuple algérien aurait choisi son successeur », a-t-il avancé.

Ramtane Lamamra est relancé à plusieurs reprises sur cette question. Il peine à répondre. Il avance des raisons politiques. « Les choses ne peuvent pas être prise isolément. La date d’une élection présidentielle était fixée. Le président était candidat. C’est une réponse à une demande pressante d’une partie importante de l’opinion publique pour un minimum d’harmonie », a-t-il soutenu.

Et après le 28 avril?

« Dans chaque situation de cette nature, il faut que les acteurs nationaux fassent preuve de créativité », selon lui. Pour le vice-Premier ministre, le droit « ne peut que favoriser les retrouvailles » entre les Algériens. Il ne faut pas « concevoir le droit comme un obstacle », a-t-il plaidé. « Il s’agit de garantir le fonctionnement normal des institutions pour l’élaboration de cette nouvelle Constitution et l’avènement de ce nouveau système », a-t-il ajouté.

N’y-a-t-il pas un vide institutionnel à la fin du quatrième mandat du président Bouteflika le 28 avril? « Le président a intégré la non-tenue de l’élection dans une approche globale qui consiste à reporter la tenue de l’élection », a-t-il répondu. « Le plan du travail indique très clairement que toutes les institutions de la République continueront à travailler normalement jusqu’à l’élection du nouveau président », a-t-il ajouté. Durant son intervention, le vice-Premier ministre a d’ailleurs démenti les rumeurs sur la dissolution du Parlement.

Le nouveau gouvernement
Sur la formation du nouveau gouvernement, Ramtane Lamamra a rappelé que le président Bouteflika a souhaité un important changement au sein de l’Exécutif. « Le président a souhaité un renouvellement substantiel », a-t-il dit. Des personnalités de l’opposition peuvent-ils être nommées ? « C’est souhaitable », a-t-il répondu. Le vice-Premier ministre a précise que « si des éléments de l’opposition et de la société civile souhaitent intégrer ce gouvernement, ils seront les bienvenus ».

« Un certain nombre de ministres vont partir. Cela ne vont pas dire qu’ils ont failli ou qu’ils font l’objet d’une sanction », a-t-il précisé.

Conférence nationale ou assemblée constituante

S’agissant de la conférence nationale, Ramtane Lamamra n’a pas donné de date précise concernant le début de ses travaux. « Le président souhaite que ça soit le plus tôt possible », a-t-il dit. Selon lui, elle pourrait être composée de trois blocs : les partis de la mouvance présidentielle, l’opposition avec toutes ses tendances et la société civile. « Ce n’est pas le gouvernement qui va les désigner. Tout cela doit être discuté. Nous n’avons pas de recette magique », a-t-il insisté. Pour lui, la composante de la conférence nationale « doit représenter équitablement la société ».

Ramtane Lamamra a assuré que le gouvernement ne sera pas l’organisateur mais un « facilitateur ». Selon lui, la conférence nationale ressemble à l’assemblée constituante. « Je suis tenté de vous dire que c’est la réponse du président Bouteflika à ceux qui appelaient à une assemblée constituante. Entre les deux, il y a une seule différence. Une assemblée constituante est composée de délégués élus pour un mandat limité. Pour la conférence nationale, les participants ne sont pas élus », explique-t-il.

La date de l’élection anticipée ?
Questionné sur la prochaine élection présidentielle, Ramtane Lamamra ne donnera pas de date précise. Le vice-Premier ministre a encore une fois rappelé le message du président de la République où il a « clairement » indiqué qu’il souhaitait « rendre la responsabilité » à la date la plus rapprochée possible. Selon le dernier message à la Nation du chef de l’Etat, c’est la conférence nationale qui sera chargée de fixer la date du prochain scrutin. « Il a souhaité que la conférence s’efforce de terminer ses travaux avant la fin de cette année », a-t-il précisé.

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