Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a estimé, ce mardi 12 mars, qu’Abdelaziz Bouteflika « vient de s’octroyer une prolongation illégale et indéterminée au poste de chef de l’Etat ». « Dans une nouvelle lettre, encore plus surréaliste, que ses dernières adressées à la Nation pour briguer un cinquième mandat, il vient de mettre au pas la constitution pour livrer le pays à une bande mafieuse qui l’a déjà mis en coupes réglées », a assuré le parti de Mohcine Belabbas.

Le RCD se demande « qui peut croire aujourd’hui qu’un homme qui déclare ne pas avoir présenté sa candidature à l’élection présidentielle qu’il vient de reporter d’un coup de plume, peut se porter garant de quoi que soit ? ». « En vérité, en vingt ans de règne, le chef de l’Etat ne s’est jamais démenti. Toutes les révisions constitutionnelles qu’il a conduites ont été conçues pour légitimer et asseoir son emprise sur le pays », a-t-il assuré.

Dans son communiqué, le RCD est revenu sur les changements à la tête du gouvernement. Il tire à boulets rouge sur Ramtane Lamamra qu’il qualifie de « bon démarcheur au plan international ». « La nomination d’un fidèle au poste de Premier ministre et le rappel d’un bon démarcheur au plan international pour un poste de vice Premier ministre sont des signes qui ne trompent pas sur un projet d’une vaine reprise en main devant la détermination des populations et de corporations entières », écrit-il.

Pour lui, les manifestations « qui se déroulent en ce lendemain » des annonces faites par le chef de l’Etat et les « appels pour une mobilisation plus forte le vendredi 15 mars 2019 ne trompent pas : cette nouvelle manœuvre du clan est vouée à l’échec ». « Mais en opposant un niet aussi catégorique à une mobilisation historique qui demande son départ et celui du système usurpateur qu’il incarne, il prend la lourde responsabilité d’engager le pays dans une aventure aux conséquences imprévisibles », prévient le RCD.

Le RCD a critiqué le soutien apporté par la France. « Ceux qui ont inspiré ou soutenu cette voie, à la KABILA en République démocratique du Congo, porteront eux aussi une lourde responsabilité devant le peuple algérien », insiste-t-il. L’heure est grave, selon le parti qui « dénonce l’irresponsabilité d’une telle décision qui peut préparer l’escalade ».

Le RCD « appelle les acteurs politiques et sociaux à une riposte en mesure de l‘affront infligé à la Nation ». Pour lui, la « démission du Chef de l’Etat et l’incarnation de la fonction présidentielle par un comité de sages est la voie la moins risquée pour ouvrir une période de transition gérée par un gouvernement de salut national chargé des affaires du pays et l’installation d’une commission nationale indépendante d’organisation des élections ».

« Le but est d’élaborer une constitution conforme aux aspirations du peuple algérien à la paix, la démocratie et le progrès économique et social ainsi que l’élection des représentants des populations aux différents organes prévus dans cette nouvelle constitution », conclut-il.

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