Louisa Hanoune a tiré à boulets rouges, ce vendredi 15 février, sur les « partisans de la continuité du système » qui défendent depuis plusieurs mois le cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. « L’annonce officielle de la candidature du président est pour nous une confirmation claire de la crise mortelle. Il s’agit d’une crise de système et non une crise d’hommes », a indiqué la secrétaire générale du PT à l’ouverture d’une réunion du bureau politique de son parti. « Cela veut dire que n’importe quel changement, même de candidat, peut détruire l’équilibre très précaire entre les forces en présence qui soutiennent le maintien de ce système », a-t-elle soutenu.

Réponse à Sidi Saïd

Dans son intervention, Louisa Hanoune a répondu aux déclarations faites hier par le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd qu’elle ne cite pas. « Peut-on croire ceux qui prétendent que les travailleurs sans salaires depuis des mois, que les corps communs (…), que les centaines de milliers de familles dont les revenus varient entre 5500 DA et 15000 (…) et que les larges couches (de la société) puissent soutenir la continuité de leur calvaire à travers la continuité du système en place et de ses politiques ? », se demande la secrétaire générale du PT qui dénonce les « pratiques » et le « comportement » des partisans de la continuité.

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« Mépris vis-à-vis des citoyens »

« Les pratiques et le comportement des partisans de la continuité du système sont irresponsables, dévergondés et provocateurs au moment où les médias occidentaux écrivent des articles assassins sur notre pays en rapport au scrutin d’avril 2019 (…). Les partisans de la continuité du système ne sont pas capables de voir les dangers », a-t-il lancé. Pour elle, ils sont « aveuglés par la recherche de la pérennisation de leurs intérêts ». « Ils ignorent ou ils feignent d’ignorer que l’Algérie de 2019 n’est pas celle de 2014 sur tous les plans (…) », a-t-elle assuré. Pour elle ils « manifestent un mépris intolérable envers les citoyens.

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Des travailleurs contraints de signer

La secrétaire générale du PT est revenue sur la collecte des signatures pour la candidature du président de la République. « Cela a pris un tournant dangereux depuis l’annonce officielle de candidature du président de la République. Ainsi, des travailleurs et des fonctionnaires sont contraints de signer des formulaires destinés à la candidature du président de la République. Ce qui traduit la caporalisation des structures syndicales par les partisans du maintien du système en place », a affirmé Louisa Hanoune. « Comment peut-on collecter deux millions de signatures en vingt jours ? », s’est-elle interrogé avant de répondre : « c’est impossible ».

Gaïd Salah

Devant la presse, Louisa Hanoune n’épargne pratiquement aucun responsable. Pour elle, les « partisans du système ne font même pas semblant de respecter la loi ». La secrétaire générale du PT fustige les ministres qui ont entamé la campagne « en utilisant les moyens publics ». Ce qui est illégal, a-t-elle rappelé. « Même le chef d’état-major de l’armée qui a déclaré que l’armée n’interviendra pas dans la politique (…), a entamé la campagne électorale pour un nouveau mandat du président. Où est la neutralité de l’institution militaire et des institutions de l’État ? », a-t-elle lâché. Louisa Hanoune a évoqué une « démarche totalitaire pire que les pratiques sous le système de parti unique ».

Mise en garde

La patronne du PT a également mis en garde sur les réactions violentes qui peuvent être provoquées par les pratiques de ceux qu’elle qualifie de « partisans du maintien du système ». « Il y a une différence entre l’abstention et le boycott. (Ce dernier) ne se limite tout le temps à une campagne appelant à la non-participation. Cela peut produire des dérapages », a prévenu Louisa Hanoune qui rappelle ce qui s’est passé en Algérie en 2002  ou plus récemment au Venezuela. « Nous considérons que la violence des partisans de la continuité du système peut engendrer des réactions violentes », a-t-elle insisté.

La conférence nationale pour le consensus

Louisa Hanoune est revenue aussi sur le message de candidature du président Bouteflika et la conférence nationale de consensus qu’il a proposé. La responsable du PT a estimé que la composition de cette conférence sera « déterminante » si celle-ci aura pour mission de débattre des « réformes profondes ». Louisa Hanoune a mis en garde contre l’hégémonie des partis du pouvoir. « Peut-on imaginer que ceux qui sont à l’origine de la crise peuvent proposer une solution ? », s’est-elle demandé.

 

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