Président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Le RCD devrait trancher la question de la participation ou non à la présidentielle du 18 avril prochain dans l’après-midi de ce vendredi 1er février. Mais le discours prononcé par son président à l’ouverture de la réunion de son conseil national à Alger ne laisse pas l’ombre d’un doute sur la position du parti. « Pour nous, l’heure n’est pas à l’engagement dans une opération électorale viciée mais au rassemblement le plus large pour jeter les bases d’une refondation institutionnelle qui garantit la stabilité sociale, la défense de l’intérêt général et la libre compétition politique », a estimé Mohcine Belabbas.

Interrogé par les journalistes sur le scrutin, le président du RCD a souligné que le discours de son parti « n’a pas beaucoup évolué sur la question ». « On a anticipé sur le débat. On n’a pas cessé de dire que si les conditions d’une véritable élection ne sont pas réunies, au minimum deux années avant l’échéance en question, on n’aura pas affaire à une élection mais à une désignation comme cela a toujours été le cas auparavant. Donc pour nous, il n’y a pas d’élection mais juste une désignation du chef de l’État le 18 avril », a-t-il précisé.

Mohcine Belabbas n’a pas épargné ceux qui ont décidé de prendre part au scrutin en prétendant travailler pour « l’avènement d’une politique qui répond aux aspirations du peuple ». « Avec le dispositif électoral qui a organisé et validé tant de fraudes et une administration qui commis de multiples violations de la constitution, ceux qui prétendent porter et faire valoir l’avènement d’une politique qui répond aux aspirations du peuple à la justice et au progrès ne sont, au fond, que ceux qui aspirent à déloger les occupants du pouvoir pour s’installer dans le même moule », assure-t-il.

« Ceux qui prétendent accéder au pouvoir dans la situation présente par des moyens réguliers, en plus d’accepter d’être perçus comme des pales copies de ceux qu’ils veulent remplacer, prennent le risque d’apparaître comme des impostures car ils abusent et détournent tous les acquis démocratiques visant à offrir au pays des institutions à  la mesure des ambitions du peuple algérien pour satisfaire leurs ambitions », ajoute-t-il.

Dans son intervention, le président du RCD tire ensuite à boulets rouge sur le général-major à la retraite et candidat à la présidentielle, Ali Ghediri, sans le citer. « Les impostures d’agents fraîchement mis en avant pour instrumentaliser ou se faire prévaloir de sacrifices de nos aînés et de nombreux militants politiques démocratiques ne sont que des artifices servant de relance, sous une forme ou une autre, à un système politique inopérant et antipatriotique », a-t-il lâché.

Mohcine Belabbas est revenu sur la candidature d’Ali Ghediri dans ses réponses aux questions des journalistes. « Je ne connais pas Si Ghediri. Mais y a une contradiction dans son discours », avance le patron du RCD qui cite les déclarations du général-major à la retraite au Forum de Liberté, notamment en ce qui concerne la fraude électorale. « Quand je l’écoute, j’ai la conviction qu’il ne faut pas participer. Il dit indirectement qu’il n’y a pas d’élection présidentielle (…). Pourquoi donc se moquer des gens ? Il y a des carrières qu’on peut bousiller et des soutiens crédibles qu’on peut traîner. On l’a vu notamment en 2004 », poursuit-il.

Que pense-t-il du constat fait par Ali Ghediri sur la démission de l’opposition ? « Il a le droit de dire ce qu’il veut. Il est candidat à l’élection présidentielle et il veut créer, lui aussi, l’illusion d’une compétition. Mais il est très mal placé pour parler de la démission de l’opposition. En tout cas, cela veut dire qu’en plein campagne électorale, il se place dans le système alors qu’il était censé se placer parmi cette opposition », a-t-il lancé. Mohcine Belabbas rappelle que la démarche de son parti est « constante ». « On ne peut pas sauver le système et l’Algérie en même temps », conclut-il.

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