Le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a adressé, ce mardi 8 janvier, une nouvelle mise en garde aux généraux à la retraite qui interviennent dans la presse, notamment au sujet de l’élection présidentielle. « Je tiens, à cette occasion, à rappeler voire attirer l’attention sur cette importante question où certains individus et parties mus par des ambitions démesurées et animés par des intentions sournoises ont pris l’habitude, à l’approche de l’échéance électorale présidentielle, de tenter de préjuger, sans véracité, des prises de positions de l’institution militaire vis-à-vis des élections présidentielles », a souligné le vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’armée dans un discours prononcé au troisième jour de sa visite de travail dans la deuxième région militaire à Oran.

Des « ambitions démesurées »

Pour lui, ces personnes « s’arrogent, même, le droit de parler » au nom de l’armée « par tous les moyens, notamment les médias ». Ce « genre d’individus » font « prévaloir leurs intérêts personnels étriqués et leurs  ambitions démesurées qui n’est, absolument, pas en rapport avec leurs véritables capacités sur plus d’un plan », selon lui. Ils « optent, désormais et sans scrupule, pour cette démarche en paroles et en actes, en faisant fi de toutes les traditions et les bonnes valeurs desquelles est imprégné l’Algérien correct et qui sont adoptées par le peuple algérien pour devenir parmi ses spécificités qui le singularisent d’autrui », a-t-il ajouté. Ahmed Gaïd Salah estime que l’armée « n’a jamais de leçons à recevoir d’individus qui n’existent que par les cercles qui les commanditent ».

Un « narcissisme maladif »

Dans son discours, le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major revient sur la dernière intervention du général-major Ali Ghediri sans le citer. « Perdant le sens de la mesure, ces individus s’accordent une vocation et une dimension qui ne sont pas les leurs, et se lancent, sans aucun scrupule, dans des affabulations débridées, découlant d’un narcissisme maladif, qui les pousse jusqu’à prétendre bien connaitre le Haut Commandement de l’Armée nationale populaire, pour prévoir sa position vis-à-vis des élections présidentielles », a-t-il lancé. Pour lui, il s’agit d’une « grave dérive qui dénote d’un seuil inquiétant d’inconscience que seule l’ambition aveugle peut provoquer ».

« S’autoproclamer porte-parole de l’institution militaire »

« Cette ambition qui émane de certaines mentalités vaincues par leur égoïsme et leur ingratitude envers la prestigieuse institution qui les a accueillis, a vu grandir et a formés à l’intérieur et à l’extérieur du pays », a-t-il avancé. Le chef d’état-major rappelle que ces personnes « ont exercé, tout au long de leur carrière professionnelle, dans de simples fonctions qui ne leur permettent pas de songer ou d’aspirer à avoir meilleur que cela ». « De surcroît, ces individus se sont permis de s’autoproclamer porte-parole de l’institution militaire et d’être asservis à des parties qui n’accordent aucune considération aux intérêts suprêmes de l’Armée nationale populaire, sachant que porter atteinte à l’Armée de n’importe quelle façon possible, constitue, assurément, un tort contre l’Algérie et son peuple », a-t-il assuré.

La « réglementation juridique »

Le vice-ministre de la Défense estime que ces personnes « font semblant d’oublier que les efforts consentis par l’Armée Nationale Populaire sont des étapes franchies pour l’Algérie et exclusivement pour l’Algérie ». « Que tout le monde sache que l’Armée nationale populaire ne prêtera pas attention, à travers le parachèvement de son processus effectif, à ceux qui ont égaré la capacité d’établir une distinction entre ce qui est personnel et ce qui est national », a-t-il lâché.

À la fin de son allocution, Ahmed Gaïd Salah menace de faire appliquer les dispositions des deux lois adoptées en 2016. « À ce titre, nous soulignons que la réglementation juridique sert toujours de contrôleur et de gardien contre tout agissement ou dépassement, et elle protégera les intérêts de l’Armée nationale populaire et de l’Algérie. Sur ce, cette  réglementation juridique doit rester en vigueur et à travers laquelle notre institution se réserve le droit de faire appliquer à l’encontre de ces individus, les mesures légales appropriées », a-t-il conclu.

 

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