Mouloud Hamrouche s’est exprimé, ce lundi 15 avril, sur le mouvement populaire du 22 mai en estimant qu’il « a produit des acquis appréciables ». « Il a empêché une confrontation sanglante entre clans par l’intermédiaire des réseaux d’allégeance et d’obédience. Par son ampleur unitaire, le mouvement a évité à l’armée d’intervenir et de garder sa cohésion intacte », écrit l’ancien chef du gouvernement dans une contribution publiée par El Watan et El Khabar.

Et avec « l’évolution de la situation au sein du sérail, l’armée a pris naturellement et formellement position avec le peuple », soutient-il. « Ce qui lui permet de ne pas être en contradiction avec son statut d’armée nationale et de ne pas être une cible fragile à détruire par d’autres puissances étatiques étrangères, particulièrement méditerranéennes ou de l’OTAN, à l’instar de celles de l’Irak, de la Libye et de la Syrie », poursuit Mouloud Hamrouche.

Ce dernier rappelle que « l’ordre mondial et ses puissances étatiques ne s’accommodent jamais de la présence d’une armée puissante qui échappe à des contrôles constitutionnels, institutionnels et des lois d’un contrôle rigoureux en termes de fonctionnement, d’emploi et d’utilisation ». « Encore moins si elle est mise au service ou à la disposition d’un omnipotent pour servir d’outil de gouvernement et de répression ou d’instrument de pression et de chantage aux voisinages », insiste-t-il.

Pour lui, le commandement « en rejoignant le peuple dans ses revendications légitimes a su sauvegarder le statut national de l’armée ». « Il lui reste à contribuer au parachèvement de l’édification de l’Etat national par la mise en place d’une Constitution et d’institutions de vrais pouvoirs d’autorisations, de régulations, d’habilitations et de contrôles », indique l’ancien chef du gouvernement. « Cela mettra l’armée définitivement à l’abri des conflits politiques partisans », selon lui.

« Il serait fâcheux de croire que l’édification de l’Etat ne servira qu’à abriter l’armée nationale et la préserver de toute turpitude. Cette édification servira aussi à ancrer la démocratie et la faire fonctionner, ouvrir le gouvernement à la compétition et à l’alternance sans remise en cause des fondements de l’Etat et du rôle de l’armée, ni perturber le système de défense et de sécurité nationales, ni remettre en cause ou négliger nos devoirs et engagements internationaux », estime-t-il.

 

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