Mohcine Belabbas ne croit pas aux annonces faites par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) sur l’interpellation des « étrangers venus spécialement pour attiser les tensions et pousser les jeunes algériens à recourir à des formes d’expression radicales ».

« Si des personnes étaient vraiment arrêtées durant les manifestations ou qui venaient de l’étranger, ils auraient pu les montrer au journal télévisé de 20 heures », estime le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) dans un entretien accordé à TSA. « Je ne crois pas à ça. C’est dépassé », a ajouté Mohcine Belabbas qui évoque une « guerre psychologique contre le peuple » que le pouvoir ne pourra pas remporter.

« Les manifestants étaient plus nombreux ce vendredi et les gens plus déterminés ce vendredi », selon lui. Le président du RCD estime que le « pouvoir multiplie les erreurs ». « Durant ces quinze derniers jours(…), les messages politiques sont envoyés à travers les discours de Gaïd Salah et les communiqués de la DGSN », précise-t-il. Pour lui, les services de sécurité font de la politique alors qu’ils ne la maîtrisent pas.

Il revient sur la dernière intervention du chef d’état-major notamment en ce qui concerne la réouverture par la justice des dossiers liés à la corruption. « Il n’a pas pensé que quand on l’entend parler, on comprend que c’est lui qui a ordonné à la justice de rouvrir les dossiers (…) », précise Mohcine Belabbas. « Il est urgent qu’il (Ahmed Gaïd Salah) cesse de s’exprimer publiquement sur des questions politiques », affirme-t-il.

Concernant les enquêtes sur la corruption et le détournement des deniers publics, le président du RCD estime que « nous sommes dans une phase de règlement de comptes ». « Quand Gaid Salah parle de Sonatrach, Khalifa (…), il envoie un message à quelqu’un qu’on ne connaît pas », dit ce responsable politique qui plaide pour la « transparence » dans le traitement des dossiers de corruption.

Mohcine Belabbas rappelle les messages lus durant les manifestations du vendredi 12 avril. « On voit des banderoles contre Gaid Salah. C’est nouveau. On l’a vu ce vendredi. Aujourd’hui, il est rejeté par la population », assure le président du RCD. « Si l’état-major veut envoyer un message fort au peuple algérien, il doit annoncer la démission de Gaid Salah. Il y a d’autres cadres dans l’armée. Si on nous met un chef d’état-major de 60 ans, ça sera un message très fort », insiste-t-il.

Mohcine Belabbas affirme que « l’armée ne peut pas régler les problèmes du pays de cette manière en 2019 ».

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