La Place Maurice Audin lors de la manifestation du 8 mars. Photo prise par Hadjer Guenanfa.

Des centaines de milliers de personnes ont pris part aux marches et rassemblements organisés le vendredi 8 mars après le dépôt du dossier de candidature du président de la République au niveau du Conseil constitutionnel. Elles devraient être encore plus nombreuses ce vendredi 15 mars notamment dans la capitale. Tout au long de la semaine, des appels ont été lancés par des anonymes mais aussi par des partis politiques, des personnalités nationales, des organisations de la société civile et d’autres militants sur les réseaux sociaux pour une participation massive à ces manifestations.

Cette quatrième journée de mobilisation pourrait être déterminante pour le mouvement populaire mais aussi pour le pouvoir. Les actions de protestation prévues interviennent près d’un mois après l’avènement le 22 février de la contestation. Elles interviennent également après les décisions annoncées par le président de la République le 11 mars dernier en réponse aux revendications des manifestants : le report de l’élection présidentielle prévue initialement le 18 avril prochain, son renoncement à briguer un nouveau mandat et un important changement de gouvernement.

Hier jeudi, les deux responsables du nouvel exécutif en cours de formation ont animé une conférence de presse conjointe. Un événement inédit dont l’objectif est d’expliquer davantage les propositions du président de la République. Durant plus d’une heure, Noureddine Bedoui et Ramtane Lamamra ont tenté d’apaiser les tensions en appelant au dialogue autour du plan de travail du chef de l’Etat sans apporter de réponses concrètes aux questions des journalistes invités à la rencontre. Ils n’ont fait aucune annonce. Sans surprise. L’opération de communication n’a eu évidemment aucun impact.

Deux faits se sont produits le même jour et révèlent l’ampleur que prend le mouvement au sein de la société. Le premier concerne les magistrats qui ont annoncé leur participation aux manifestations de ce vendredi. Il s’agit là d’une première depuis l’avènement du mouvement le 22 février et depuis l’indépendance du pays. Le deuxième s’est produit dans l’après-midi. Le derby entre le Mouloudia d’Alger et l’USM a été complètement boycotté par les supporteurs qui craignaient des dérapages pouvant nuire au mouvement populaire. Du jamais vu en Algérie.

Une grande et importante mobilisation populaire, ce vendredi 15 mars, devrait contraindre les autorités à proposer de nouvelles mesures.

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