Amnesty international a appelé, ce jeudi 28 février, les « forces de sécurité algériennes » à « s’abstenir de recourir à une force excessive ou inutile pour disperser des manifestants pacifiques qui protestent contre l’intention du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat ».

« Tandis que la tension monte en même temps que la contestation, Amnesty International demande aux autorités algériennes de faire preuve de retenue, de respecter les droits des manifestants et de ne pas faire usage d’une force excessive ou inutile pour réprimer des manifestations pacifiques », a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe d’Amnesty international pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« À l’instant présent, le monde a les yeux braqués sur l’Algérie, et la façon dont le gouvernement choisira de répondre à ces manifestations sera un indicateur crucial de la force de son engagement à respecter les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique », ajoute l’ONG.« Les forces de sécurité ne doivent utiliser la force qu’en dernier recours et, même à ce moment-là, elle doit être proportionnée et absolument nécessaire », précise également AI.

Selon elle, la « vaste majorité » des manifestations organisées dans le pays « se sont déroulées de façon pacifique, mais quelques participants ont jeté des pierres après que des agents des forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes ». « Les autorités algériennes ont autorisé la tenue de ces défilés de protestation malgré une interdiction générale de manifester dans la capitale, Alger, en vigueur depuis 2001 », note l’organisation.

« Toutefois, selon les chiffres officiels, au moins 41 manifestants ont été arrêtés depuis le début des manifestations, vendredi 22 février. La plupart ont été détenus arbitrairement pendant quelques heures avant d’être relâchés. Au moins quatre journalistes ont en outre été arrêtés, jeudi 28 février, lors d’une manifestation en faveur de la liberté de la presse à laquelle ils participaient ou dont ils effectuaient la couverture médiatique. Eux aussi ont été libérés », poursuit-elle.

Pour Amnesty international, « s’en prendre à des manifestants à l’aide d’arrestations arbitraires ou de poursuites représenterait une violation flagrante du droit à la liberté d’expression et de réunion ».

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