Plusieurs milliers de personnes ont pris part, ce vendredi 22 février, aux marches contre le cinquième mandat du président de la République dans la capitale. Venus de tous les quartiers d’Alger et d’autres wilayas à travers le pays, les manifestants se sont rassemblés dans des places publiques emblématiques dont celle du 1er mai, celle des Martyrs et devant des lieux symboliques, à l’image de l’Assemblée populaire nationale (APN). Ils étaient nombreux à battre le pavé au centre-ville avant de se diriger vers le palais présidentiel à El Mouradia.

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« Massira selmya (marche pacifique) » et « il n’y aura pas de cinquième mandat », ont scandé les protestataires sans casser les vitres des quelques magasins et cafés restés ouverts, sans s’attaquer aux véhicules des habitants et sans saccager le mobilier urbain. En face, les forces antiémeutes ont tenté de contenir la foule notamment en formant des cordons de sécurité qui étaient à chaque fois forcés par les manifestants venus nombreux. Les services de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène à la place du 1er mai afin de les disperser et au Palais du peuple pour empêcher les manifestants d’arriver à El Mouradia.

Les quelques heurts enregistrés entre les manifestants et les forces de la police n’ont pas débouché sur de violentes confrontations. Ils n’ont pas donné lieu à des dérapages dont certains pouvaient avoir des conséquences irrémédiables dans un contexte politique aussi tendu. Les rassemblements et marches ont pris fin, en début de soirée. La foule qui s’est dispersée dans le calme et presque dans une bonne ambiance dans certains quartiers a brisé, en réalité, un véritable tabou dans le pays. Celui des manifestations dans la capitale interdites depuis 2001.

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Des jeunes, des vieux, des femmes dont certaines sont venues avec leurs enfants ont manifesté pacifiquement. « Ni les forces de l’ordre, ni les manifestants n’ont perdu leur sang froid. J’avais beaucoup d’appréhensions. Je n’allais pas sortir d’ailleurs de chez moi. Je dois dire que je n’ai pas vu des manifestations d’une telle ampleur dans la capitale qui se terminent dans le calme, sans casse, sans jets de pierres, sans pneus brûlés, sans blessés depuis les années 1990 », témoigne Mohamed, un habitant du centre-ville.

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