« Pour la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie, la société s’impose comme acteur politique incontournable à travers des manifestations massives contre le système autocratique et pour la réédification de l’Etat national sur des valeurs de démocratie et de liberté. Cette mobilisation citoyenne inédite est l’expression d’une volonté de rompre définitivement avec la légitimité historique et ses dérives et de passer vers une autre forme de légitimité : la légitimité démocratique. Ce passage, dont le temps est irréversiblement venu, nécessite une prise en charge réelle et immédiate des aspirations au changement des Algériennes et des Algériens et leur inscription dans une démarche de transformation constitutionnalisable, concertée et consensuelle, mais qui reste réaliste et pragmatique. Pour ce faire, nous militants, intellectuels, universitaires, journalistes et hommes de cultures, nous sommes réunis jeudi 14 mars de 14h00 à 17h00, à Alger, et avons échangé longuement sur la crise que vit le pays et les moyens d’en sortir dans les meilleurs délais avec le moins de dérapages et de manquements possibles.

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Face aux diverses propositions qui s’expriment ça et là quant à la nécessité d’engager le pays dans un processus transitoire en guise de réponses aux revendications des Algériennes et des Algériens, nous avons estimé que, préalablement à toute démarche allant dans ce sens, il convient de mettre en place immédiatement des mesures d’urgence en phase avec les exigences les plus évidentes du mouvement. Il s’agit :

  • D’abroger immédiatement toutes les lois liberticides (la loi sur les réunions publiques et les manifestations, le code de l’information, la loi sur les partis, la loi sur les associations et les syndicats, etc.)pour permettre aux Algériens de s’organiser et de s’exprimer librement.
  • De restituer les sigles des structures politique, syndicale et associative héritées de la Guerre de libération (FLN, UGTA et Association des Oulémas), jusque-là usurpées par le système, à la mémoire collective.
  • De supprimer définitivement le ministère des Moudjahidines et de le remplacer par un Conseil National en charge du dossier ;
  • De supprimer définitivement le ministère de la Communication et de le remplacer par un Conseil National en charge des affaires du secteur ;
  • De supprimer le ministère des affaires religieuses et de le remplacer par un Conseil National du Culte.

S’agissant des propositions faites par M. Abdelaziz Bouteflika, notamment un gouvernement de technocrates sous la direction de M. M. Ramtane Lamamra et Nourredine Bedoui ainsi qu’une conférence nationale inclusive devant déboucher sur une nouvelle Constitution, les participants sont unanimes à les rejeter dans le fonds et dans la forme. Il ne s’agit plus, dans les conditions actuelles, de réformer le système, même radicalement, mais d’organiser son départ pacifiquement et de mettre une place une Algérie Nouvelle. A cet effet, les deux propositions phare sont :

  • De rompre définitivement avec la légitimité historique et ses ferments politiques et économique, notamment le national-populisme, le centralisme, l’autoritarisme et le régime rentier ;
  • D’aller vers une légitimité démocratique en mettant en place les conditions morales et matérielles de l’exercice de la démocratie.

Au sujet du mouvement citoyen en cours et des évolutions qu’il peut enregistrer dans les jours et les semaines qui viennent, les participants ont insisté sur le maintien de la mobilisation pour l’isolement total du système et ont convenu de la nécessité d’œuvrer pour une meilleure coordination entre toutes les initiatives citoyennes s’inscrivant dans une démarche de rupture avec le système, mais aussi d’entrer en contact avec tous les acteurs politiques susceptibles contribuer à la réédification de l’Etat national sur des valeurs de démocratie et de liberté ».

LES PRESENTS :

-Amar Ingrachen, universitaire, journaliste
-Kaci Sadi, universitaire
-Nabil Souami, Militant de la démocratie
-Abdesslam Ali-Rachedi, Professeur en médecine et militant de la démocratie
-Ahmed Meliani, enseignant
-Ahmed Saadoud, économiste
-Said Oussad, journaliste, écrivain

-Ali Kahlane, chef d’entreprise, expert international en TIC
-Mourad Ouchichi, économiste
-Nouredine Bessadi, universitaire
-Ahmed Rouadjia, sociologue
-Messaoud Belhasseb, universitaire
-Abdelkrim Haouari, Universitaire
-Faradj Talbi, militant de la démocratie
-Taous Ait Mesghat, médecin, chroniqueuse
-Zahia Bouroubi-Saim, militante de la démocratie
-Fayçal Houma, chef d’entreprise, militant de la démocratie
-Anouar Rahmani, écrivain
-Wezna Moula, militante de la démocratie
-Cherif Driss, politologue
-Djellali Badis, militant de la démocratie
-Yamina Bair, journaliste, militante de la démocratie
-Belkacem Boukherouf, économiste
-Mhand Slimani, militant de la démocratie
-Chafia Amiri, militante de la démocratie
-Khaled Zirem, militant de la démocratie
-Anis Saidoun, étudiant, militant de la démocratie
-Issam Mermoune, étudiant, militant de la démocratie
-Rabeh Sebaa, professeur de sociologie

-Said Madjour, Militant de la démocratie

 

 

9 Commentaires

  1. Bonsoir,
    Je voudrais bien savoir comment et sur quelle base les elements de ce groupe ont ete choisis. Dix millions de manifestants, une vingtaine de personnes… Un clan. Chasser la verite par la porte elle reviendra par la fenetre.
    Je comprends qu’il faut toujours par commencer par quelque chose.
    Ce groupe n’a aucune assise et aucun espoir d’evoluer.
    Je vous recommende de prendre des premiers contacts avec des chefs de partis politiques de l’opposition, ceux que vous pensez etre honnetes. Il n’y a pas d’autres voies. Vous ne pouvez pas vous en passer.
    Je ne suis pas polititien et je suis trop vieux (73 ans) pour l’etre. Je ne suis membre d’aucun parti et je n’ai jamais vote.
    Je vous souhaite de tout mon coeur du courage, de la patience, de la sagesse et de reussir dans tous vos honnetes projets.
    Si vous etes infiltres par des forces qui veulent nuire a l’Algerie, je prierai Allah alors pour qu’il vous detruise.
    Honnetement et sincerement.

    • Bonjour Ghani,
      Est ce que tu as fait l’ENABA en 1966/67 avec moi ? Tes nom, prénom et âge correspondent à ce camarade dont j’ai perdu la trace.
      Si c’est bien de toi qu’il s’agit, fait moi signe. Merci

  2. Salal.avec tous le respect que je dois a votre initiative, je crois que l urgence n est pas dans l abrogation des lois et la restructuration des ministeres.en effet, il y a crise politique et une impasse .il faut donc amener le pouvoir a ceder et organiser un constutuante ou un autre espace pour gerer la transition avec le pouvoir et organiser des elections et tout le procesdus. Pour cela il faut des personnes desinteressees et qui ne cherchent pas a faire une carriere mais qui savent qu elles une mission et un mandat du peuple a mettre en oeuvre.merci

  3. Effectivement l’urgence n’est pas dans la restructuration des ministères et autres organismes, il faudrait plus tôt laisser l’expression du aller jusqu’àu bout, prendre conscience de ce qu’est le pouvoir par le peuple et l’acquisition de nos droits par la mobilisation l’Union la fraternité, la feuille de route s’imposera naturellement.

  4. À mon humble avis, vous avez mis la charue avant les boeufs. Tout d’abord, il faut commencer par une consultation à l’echelle nationale,choisir de chaque wilaya des personnes aptes et sans étiquette politique. Ensuite toutes ces personnes rédigeront un programme à l’unanimite. À partir de là , le travail sérieux commencera…

  5. Apparemment, votre groupe veut mettre la charrue avant les bœufs. Vous parlez de la suppression de certains Ministères alors que la situation d’aujourd’hui exige de supprimer d’abord tout le système politique érigé en Algérie en 1962. Oh p…, je viens de me rendre compte qu’un commentateur a déjà utilisé cette expression « mettre la charrue avant les bœufs ». Mais je ne la supprime pas de mon commentaire pour la simple raison que cela veut dire que je suis dans le bon sens. Je n’ai pas débité une connerie (excusez-moi le terme). Bref, votre initiative est à encourager d’autant plus que dans le groupe, il y a des personnes très crédibles et dont le patriotisme n’est certainement pas douteux.

  6. De mémoire je n’ai mandaté personne pour me représenter et je pense de même pour toutes les Algériennes et tous les Algériens ayant manifesté ces dernières semaines. à mon humble avis l’idée serait qu’à chaque daïra se forme un groupe de sages intellectuels auquel les Algériennes algériens remontent leurs avis et propositions. Les groupes de chaque daïra se réunissent au niveau de chaque wilaya et proposeront des délégués nationaux eux-mêmes pourrons proposer une plate-forme nationale sur laquelle débattrons avec les autorités en place.

  7. Bravo mais pensez a ne pas mettre la charrue avant les bœufs,ne discrédite personne ni marginalisé vous avez des cadres qui n ont jamais dit oui a ce pouvoir et qui ont subit

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