Hier mercredi, Tayeb Louh a répondu fermement aux accusations d’Ahmed Ouyahia concernant les « dérives enregistrées » lors des sénatoriales du 29 décembre 2018. La « moralisation de la vie publique et la lutte contre le phénomène d’achat de consciences aux élections, y compris celles du Conseil de la Nation, sera menée, sans relâche, par toutes les instances compétentes, et plus particulièrement l’autorité judiciaire », a lâché le ministre de la Justice lors des débats sur le projet de loi modifiant et complétant la loi 06-01 relatif à la prévention et à la lutte contre la corruption à l’APN.

« Nul ne peut, par une déclaration ou une critique, entraver ces procédures (inscrites dans le cadre de la lutte contre la corruption) », a-t-il insisté après l’intervention d’une députée du RND. Interrogé par Actu-fil.com, le porte-parole du RND estime nécessaire de commencer par restituer les faits. « Cette polémique a pour origine ce qui s’est passé à Tlemcen lors des sénatoriales du 29 décembre dernier lorsque notre sénateur a été élu. Il avait alors largement dépassé son concurrent (du FLN) », indique Seddik Chiheb.

« À ce moment là, la tribune où se déroulait le dépouillement a été envahie par des partisans du candidat adverse. Des magistrats ont été bousculés et malmenés. On a passé à tabac notre député.  L’élection a été finalement invalidée parce que deux PV n’ont pas été remis par des magistrats au Conseil constitutionnel. Ce qui n’est pas normal », poursuit-il.

Le député et cadre du RND rappelle également ce qui s’est passé à Oran. « Des bulletins de vote ont été distribués la veille. Un sénateur et une députée du RND ont été roués de coups sans parler de ce qui s’est passé ailleurs, à commencer par l’invalidation des dossiers de certains candidats. Il faut savoir que des candidats d’un autre parti, qui sont moins intègres et qui ont des liens avec l’argent sale, ont participé normalement à l’élection », a-t-il détaillé.

« M. le ministre de la Justice estime que nul ne peut entraver le processus de lutte contre l’achat des consciences. Au RND, nous nous réjouissons face à cette détermination et nous l’appuyons, d’autant plus que nous étions les plus grandes victimes lors des dernières sénatoriales. Cependant, il ne faut pas que l’achat des consciences, aussi condamnable soit-il, et dont nous sommes, par ailleurs, victimes, soit l’arbre qui cache la forêt dans la lutte contre la corruption. Il faut consacrer plus de temps et de moyens à ce phénomène qui gangrène notre économie et qui menace notre cohésion sociale », a lancé le porte-parole du parti d’Ahmed Ouyahia.

Pour lui, cette polémique « n’a pas lieu d’être ». « Quoi qu’il en soit, je pense qu’il s’agit d’une polémique qui n’a pas lieu d’être. Aujourd’hui, nous devons resserrer nos rangs et nous concentrer davantage sur notre objectif principal, celui de faire participer les Algériens à l’élection présidentielle et faire élire notre candidat, le président Abdelaziz Bouteflika », a conclu Seddik Chiheb.

S'il vous plaît entrer votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici