Président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Le RCD dresse un tableau sombre de la situation politique du pays à moins de quatre mois de l’élection présidentielle. « Devant l’état de délabrement des institutions du pays, la dévastation des corps politiques et la destruction des espaces d’intermédiation, l’organisation d’une présidentielle avec ses lièvres et son bourrage systématique des urnes ne suffit plus à assurer la reconduction du système politique », estime le parti dans un communiqué publié ce vendredi 4 janvier à l’issue de la réunion de son secrétariat national.

« Ce sinistre scénario est désormais clair. Il faut anesthésier les vitalités qui demeurent actives dans le tissu social et exclure violemment le peuple de la consultation. Emprisonnements arbitraires, viols répétés de la Constitution et des lois en vigueur, instrumentalisation éhontée de l’appareil judiciaire tendent à devenir la règle face à des citoyens révoltés et médusés devant tant de hogra, de cynisme et de désinvolture désormais vécues comme autant de provocations », ajoute la même source.

Le RCD fustige l’appel au report de l’élection présidentielle lancé notamment par le MSP. Dans son communiqué, le parti évoque une « dérive totalitaire » qui « donne lieu à des offres de service burlesques ou à des agitations tendant tour à tour à reporter le scrutin d’avril 2019, organiser des conférences d’entente ou prêter l’intention au chef d’État d’un désir subit de démocratisation… ».

Le parti critique également la mise en garde de l’armée concernant les interventions des officiers à la retraite dans la presse. « Dans ces stratégies de diversion visant à organiser une élection en vase clos, avec ou sans la reconduction de Bouteflika, les réactions sélectives du chef de l’état-major de l’Armée nationale populaire ne travaillent pas à rassurer les citoyens sur la neutralité de l’armée vis-à-vis de tous les acteurs politiques », souligne le RCD.

« La tradition, toute algérienne, d’interpeller le commandement de l’armée dans des situations d’impasse ou de crise est le produit de notre histoire bloquée. Rompre avec ce syndrome de Stockholm c’est d’abord laisser le soin au pouvoir exécutif de se charger de ces sollicitations s’il le juge nécessaire », poursuit la formation de Mohcine Belabbas.

Pour lui, « on ne peut pas passer sous silence les propos d’acteurs non institutionnels, invoquer « courtoisement » la neutralité de l’armée vis-à-vis des autres et recourir au rappel à l’ordre, voire à l’invective, les préoccupations exprimées par certains ». « La dernière sortie du chef d’état-major indique tout sauf une attitude de neutralité républicaine », insiste-t-il.

Dans son communiqué, le secrétariat national du RCD « exprime sa plus vive préoccupation face à la reconduction de la confiscation de la souveraineté du peuple dans des phases historiques où les systèmes les plus fermés s’essaient à la transparence des opérations électorales ». « Ce rendez-vous constitutionnel donne lieu à des règlements de comptes entre factions toutes mues par le contrôle de la rente et la perpétuation du système des privilèges », écrit-il.

Le RCD appelle « au discernement » et « invite les citoyens à la vigilance dans une séquence politique où des provocations et une désinformation propagandiste tentent de remonter le temps pour relancer un régime condamné par son bilan et l’évolution des mœurs politiques ».

 

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