Des milliers de manifestants à la Place Maurice Audin. Photo prise par Hadjer Guenanfa.

Le Collectif pour une Algérie Nouvelle* a estimé, hier lundi, que la proposition faite par le vice-ministre de la Défense d’appliquer les articles 7, 8 et 102 de la Constitution « est, d’une part, l’expression d’un rejet par le système de toute idée de changement et, d’autre part, une manœuvre qui vise, sous couvert de la légalité constitutionnelle, à casser le mouvement populaire en cours et à anéantir son potentiel révolutionnaire ».

« En effet, à la demande de rupture radicale avec le national-populisme, l’autoritarisme et le régime rentier exprimée par des millions d’Algériennes et d’Algériens, le système répond  par des fuites en avant se voulant légalistes et s’entête à préparer sa reconduction par un processus électoral sans changement de fond », écrit-ce collectif.

Pour lui, les « élections, qu’elles soient présidentielles ou autres, sont inconcevables tant que les dispositifs institutionnels et les personnes qui les organisent sont sous l’emprise du système rejeté par les Algériennes et les Algériens ».

« Nous dénonçons cette démarche du système qui consiste à chercher une solution à la crise dans le cadre du dispositif constitutionnel en vigueur car, aussi bien la Constitution actuelle que les lois qui en découlent constituent un arsenal antidémocratique qui a toujours empêché  et empêche encore les Algériennes et les Algériens de s’organiser, de s’exprimer, d’entreprendre et de vivre librement », lance le collectif.

Selon lui, le problème de l’Algérie « est politique et il nécessite une solution politique qui passe par le démantèlement du système en place, dans tous ses aspects, et l’édification à la place d’un régime démocratique ».

« Ce démantèlement doit se faire, au plan juridique, par l’abrogation de toutes les lois liberticides, au plan idéologique par la dissolution du FLN, de l’UGTA et de toutes les organisations satellites, et au plan institutionnel, par la suppression des ministères de la Communication, des Moudjahidine et des Affaires religieuses », précise-t-il.

« Ces mesures constituent le minimum à mettre en  œuvre dans l’urgence pour instaurer un climat d’apaisement et permettre un dénouement serein et concerté de la crise et l’instauration d’un régime démocratique. En attendant que ces mesures soient concrétisées, nous appelons au maintien et à l’intensification de la mobilisation citoyenne en vue d’affaiblir le système et de neutraliser toutes les solutions de replâtrage qu’il tente de faire passer tantôt par la ruse, tantôt par la force », conclut le collectif.

(*) Les membres du collectif:
-Amar Ingrachen, universitaire, journaliste (Tizi-Ouzou)
-Kaci Sadi, universitaire (Bouira)
-Nabil Souami, Militant de la démocratie (Alger)
-Abdesslam Ali-Rachedi, Professeur en médecine et militant de la démocratie (Alger)
-Ahmed Saadoud, économiste (Tizi-Ouzou)
-Said Oussad, journaliste, écrivain (Oran)
-Ali Kahlane, chef d’entreprise, expert international en TIC (Alger)
-Ahmed Rouadjia, sociologue (Msila)
-Messaoud Belhasseb, universitaire (Guelma)
-Abdelkrim Haouari, Universitaire (Oran)
-Faradj Talbi, militant de la démocratie (Tizi-Ouzou)
-Taous Ait Mesghat, médecin, chroniqueuse (Alger)
-Zahia Bouroubi-Saim, militante de la démocratie (Boumerdès)
-Fayçal Houma, chef d’entreprise, militant de la démocratie (Alger)
-Anouar Rahmani, écrivain (Tipaza)
-Wezna Moula, militante de la démocratie (Tizi-Ouzou)
-Djellali Badis, militant de la démocratie (Bouira)
-Yamina Bair, journaliste, militante de la démocratie (Alger)
-Belkacem Boukherouf, économiste (Tizi-Ouzou)
-Mhand Slimani, militant de la démocratie (Alger)
-Chafia Amiri, militante de la démocratie (Béjaia)
-Khaled Zirem, militant de la démocratie (Béjaia)
-Anis Saidoun, étudiant, militant de la démocratie (Alger)
-Issam Mermoune, étudiant, militant de la démocratie (Oum El Bouagui)
-Rabeh Sebaa, professeur de sociologie (Oran)
-Said Madjour, Militant de la démocratie (Alger)
-Arezki Mousli, ingénieur en hydrocarbures, militants des droits humains (Béjaia).
-Kamel Bencheikh, écrivain, (Sétif).

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