Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères a tenu à éclaircir, ce mercredi 20 mars, la position de son pays concernant les manifestations populaires en Algérie et qui a été très critiquée au cours de ces derniers jours.

« Sur la situation en Algérie, je voudrais dire les choses de manière très claire, parce qu’au cours des derniers jours, notre position a donné lieu à des détournements, des incompréhensions, des raccourcis », a indiqué Jean-Yves Le Drian lors d’une audition devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

« C’est sans doute attendu compte tenu des relations profondes et complexes que nous avons avec ce pays, mais l’importance de notre relation avec ce pays, d’une part, et de nos liens de toute nature avec ce pays, d’autre part, exige de clarifier les choses et donc je les clarifie si besoin en était », a-t-il ajouté.

Le ministre français rappelle d’abord que  « l’Algérie est un pays souverain » et que la « France n’a pas à s’immiscer dans les affaires intérieures de l’Algérie ». « Elle n’a pas à le faire et elle ne cherche pas à le faire. C’est au peuple algérien et à lui seul qu’il revient de décider souverainement de son avenir et il a montré cette posture au cours des dernières semaines, il a montré qu’il était déterminé à faire entendre sa voix », a-t-il ajouté.

Jean-Yves Le Drian évoque un « mouvement de fond ». « On assiste depuis plusieurs semaines à un mouvement de fond que nous suivons avec beaucoup d’attention avec aussi un peu d’admiration, parce que le déroulement de ces manifestations se fait avec un civisme, une dignité qui ne peuvent être que salués. Cette liberté et cette dignité doivent être respectées », a-t-il déclaré.

Pour lui, la « solution appartient aux Algériens ». « Il ne revient pas à la France de se prononcer sur les choix qui devront être faits. C’est aux seuls Algériens d’en décider par le dialogue démocratique »-t-il insisté. Le ministre a cependant précisé que le souhait de la France « est qu’une forme de transition puisse s’engager rapidement pour répondre aux aspirations profondes qui continuent de s’exprimer ».

« Et pour accompagner cette dynamique, nous parlons aux autorités algériennes mais nous écoutons aussi la société civile dans son expression forte », a-t-il souligné. « L’Algérie doit maintenant tracer son avenir, il prendra la forme qu’auront choisie les Algériens. Pour notre part, nous resterons aux côtés de l’Algérie et des Algériens dans le respect, l’amitié et la fidélité », a-t-il conclu.

 

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