L’objectif tracé par l’Algérie de créer deux millions de PME à l’horizon 2025 est-il réalisable ? Selon une étude réalisée par le ministère de l’Industrie, dont Actu-fil.com détient une copie, la population globale des PME s’élève à 1.093.170 entités durant le premier semestre 2018.

Si on prend en considération les déclarations du secrétaire général du ministère de l’Industrie, Kheireddine Medjoubi, qui a estimé à 50.000 le nombre des petites et moyennes entreprises créées chaque année en Algérie, le pari lancé par les autorités s’avère compliqué, sinon impossible à atteindre.

L’étude en question révèle que le secteur public compte seulement 262 PME durant le premier semestre 2018 contre 264 durant la même période en 2017. Cette baisse est du due essentiellement « à la restructuration de certains portefeuilles du secteur public marchand », précise l’étude

Le nombre total des PME privées à la même période est de 1.092.908. « Elles sont concentrées au niveau du secteur des services (le transport en particulier) avec 51% des parts, suivi de l’artisanat 23% et le BTPH, (le bâtiment en particulier) 16% ».

Le tissu des PME est dominé par les Très petites entreprises TPE. « À la fin du premier semestre 2018, la population globale de la PME est composée à 97% de TPE (du moins de 10 salariés), suivie par la Petite entreprise (PE) avec 2% et la Moyenne entreprisse (ME) avec seulement 0,3% », relève l’étude.

Les secteurs où la création d’entreprise a été la plus forte, entre les deux premiers trimestres des exercices 2017 et 2018, restent ceux des services avec 58,83% des emplois déclarés. « Les PME privées emploient 2.690.246 personnes, contre seulement 22.073 pour les PME publiques ».

En dépit des mesures incitatives prises par les gouvernements successives, les PME (personnes morales) sont prédominantes dans le nord avec 70% des projets réalisés contre seulement 7% dans le sud.

Un taux de mortalité élevé

« Entre le 1er semestre 2017 et le 1er semestre 2018, une évolution de la mortalité est observée dans tous les secteurs, hormis le secteur des hydrocarbures (énergie, mines et services liés), qui a marqué une stagnation en nombre de PME, par rapport au 1er semestre 2017», précise le rapport du ministère de l’industrie.

Le premier semestre 2018 a enregistré la radiation de 21.139 PME. « Les PME de type personnes morales ayant été radiées durant le 1 semestre 2018, sont au nombre de 3.421. Ce nombre est visiblement en hausse par rapport aux 2.051 enregistrées à la fin du 1er semestre 2017.

Les activités du commerce sont les plus vulnérables avec « 642 PME radiées durant le 1er semestre 2018, les services fournis aux entreprises sont en deuxième position avec 405 PME ».

Au niveau du secteur industriel, on enregistre une forte mortalité de PME, particulièrement dans les activités de l’industrie agroalimentaire (37%). « Le manque de maturation dans le lancement des projets et le manque de la compétitivité pourraient expliquer en partie cette mortalité», relève la même source.

Les PME n’attirent par les étrangers

Durant le premier semestre 2018, le nombre de projets d’investissement déclarés par les étrangers auprès de l’Agence nationale pour le développement des investissements Andi, sont au nombre de 11 projets contre 2.016 investissement locaux. Ce qui représente 0,54% du volume global.

Ce chiffre traduit un grand désintéressement des partenaires de l’Algérie pour l’investissement dans le secteur de la PME malgré les avantages accordés par les autorités. Cette réticence est expliquée par les experts, par le recours de l’Algérie à règle 51/49 régissant l’investissement étranger en Algérie.

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