Amnesty international appelle les autorités algériennes à « cesser d’engager des poursuites judiciaires contre des manifestant·e·s pacifiques » et à « respecter l’indépendance de la justice ». « Depuis le début de la vague de manifestations qui a commencé le 22 février pour protester contre la tentative du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat, au moins 311 personnes ont été arrêtées selon la Direction générale de la sûreté nationale », indiqué l’organisation dans un communiqué publié ce jeudi 28 mars.

Selon elle, ces manifestants « ont été inculpés de participation à des « rassemblements non armés », d’actes de violence et de vol ». « Les autorités algériennes doivent abandonner les poursuites pour “rassemblements non armés” engagées contre des personnes qui ont participé pacifiquement aux manifestations massives et doivent modifier toutes les lois qui érigent en infraction la liberté d’expression et de réunion pacifique », selon Magdalena Mughrabi, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

Amnesty international a aussi demandé que « les autorités judiciaires du pays puissent mener à bien leur travail en toute indépendance, sans ingérence ni pression des autorités ». « Aucune mesure disciplinaire ne doit être prise contre des juges qui veulent respecter les droits à une procédure régulière et à un procès équitable de toutes les personnes comparaissant devant la justice en lien avec les manifestations », a précisé Magdalena Mughrabi.

Dans son communiqué, Amnesty international dit avoir pris connaissance « du cas d’un jeune garçon de 14 ans qui a été blessé par une balle de défense tirée par la police dans le quartier du Telemly le 22 mars ». « Selon des observateurs, les policiers avaient commencé à utiliser des gaz lacrymogènes et des lanceurs de balles de défense à la fin de la manifestation. Des témoins ont aussi signalé que la police avait eu recours à des armes à impulsions électriques et à des canons à son pour disperser la foule durant les manifestations du 24 février et du 1er mars », conclut-elle.

 

S'il vous plaît entrer votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici