L’industrie 4.0 ou industrie du futur, le concept est peu connu en Algérie. Une étude réalisée par le ministère de l’Industrie et des mines intitulée: « L’industrie 4.0 : La vision du secteur sur les mutations technologiques en cours» dont Actu’fil détient une copie, prévoit l’amorce de ce processus en 2030.

Industrie 4.0: de quoi s’agit-il?

L’Allemagne demeure pionnière dans ce domaine. Son gouvernement a lancé, au début de cette décennie, une réflexion au sujet de l’avenir du secteur manufacturier, avec l’objectif de le rendre le plus performant, le plus productif et le plus flexible. Concrètement, l’industrie 4.0 consiste en la numérisation totale de l’usine, dite usine intelligente, et sa connexion avec son environnement aussi bien interne qu’externe. L’industrie 4.0 est née de la convergence de la production industrielle avec les technologies de l’information et de la communication.

L’impact sur les industries manufacturières existantes est important par les gains de productivité. Il est encore plus fondamental pour les industries d’extraction pétrolières et minières. À titre d’illustration, grâce à cette  industrie, « la production du pétrole de schistes aux États-Unis a augmenté de 1.5 mbj en une année, entre septembre 2017 et septembre 2018, soit une fois et demi la production de pétrole totale de l’Algérie », précise l’étude du ministère de l’Industrie.

Quelle place pour l’Algérie?

« Nous ne risquons pas de nous tromper en affirmant que notre industrie est à l’aube de la 3e révolution mais que notre mode de consommation commence à adopter les produits de la quatrième révolution», souligne l’étude. Comment résoudre ce dilemme? Quelle solution possible permettant de rapprocher, un tant soit peu, notre manière de production à notre mode de consommation? L’étude n’apporte pas de proposition. Elle se contente d’un constat. Le chemin à parcourir pour parvenir à l’étape industrie 3,5 est bien long encore « et un véritable parcours du combattant est à prévoir pour entamer, d’ici une dizaine d’années, l’ère de l’industrie 4.0 », reconnait le ministère de l’Industrie.

Les rédacteurs de cette étude rappellent néanmoins que « dans certains secteurs, la mutation prend forme ». C’est valable pour le secteur des hydrocarbures et de l’énergie. En effet, on apprend que les « nouvelles unités du groupe Sonatrach et les nouvelles centrales électriques sont toutes dotées des technologies de l’industrie 3.0 et même de certains aspects de l’industrie 4.0. Il en est de même des nouvelles cimenteries, usines sidérurgiques, mécaniques, textiles, pharmaceutiques, électroniques ».

Les usines de montage des véhicules à la rescousse?

Le ministère de l’Industrie fonde beaucoup d’espoirs sur ce secteur. « Nous attendons beaucoup de l’industrie automobile pour entrer de plein pied dans cette phase industrielle », atteste-t-on. Mais les premières tentatives ont révélé « des difficultés » à maîtriser cette technologie. « Une visite récente dans une usine, rapporte l’étude, a montré que des investissements importants ont été réalisés dans la robotisation de certaines activités, mais a révélé aussi que la gestion n’était pas du tout informatisée ».

« L’industrie 4.0 offre une opportunité énorme pour l’Algérie. Si elle est saisie, elle réussira à accélérer notablement son développement économique. Les gains en productivité seront importants assurant la compétitivité de notre industrie, l’attractivité économique du pays sera accrue dans le cadre de la compétition internationale», conclut l’étude.

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