Le Secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd a tenu, ce dimanche mars, une  réunion du secrétariat national élargi aux secrétaires généraux des unions de wilayas et des fédérations. Conjoncture exige :  le patron de la centrale syndicale s’est exprimé sur  la situation politique dans le pays, marquée essentiellement par la contestation contre le cinquième mandat du président Bouteflika. Que doit-on retenir de cette sortie ?

Paradoxalement, le patron de la centrale syndicale n’a fait aucune allusion aux mouvements de grève qui paralysent plusieurs secteurs économiques du pays depuis hier. Contrairement à ses habitudes, Sidi Saïd opte, cette fois- ci, pour le silence, et évite la confrontation avec les  travailleurs, y compris les sections syndicales qui ont pris publiquement partie contre leur patron au sujet du soutien au cinquième mandat .

Qu’en est-il pour la contestation populaire ? Le 24  février, à partir d’Adrar, Sidi Saïd  s’est violemment attaqué aux opposants au cinquième mandat, brandissant le spectre de la décennie noire : «  voulez vous qu’on revienne aux sang et aux larme »,  a-t- il lancé.

Aujourd’hui le patron de l’UGTA change de ton :  « l’UGTA, qui a acté le cri de cœur des manifestations et en particulier de notre formidable jeunesse, exprimant, légitimement, une grande ambition pour l’Algérie, tient à saluer le civisme et le patriotisme qui ont émaillé les marches citoyennes et populaires ainsi que l’attitude responsable, professionnelle et exemplaire des forces de l’ordre», affirme  le communiqué  sanctionnant  cette réunion.

Concernant le cinquième mandat ? Sur ce point,  Sidi Saïd a brillé  par ses tergiversations.  Le communiqué  de l’UGTA ne s’est positionné ni pour ni contre le cinquième mandat.  Le patron de la centrale syndicale s’est contenté de rappeler   ses positions envers le président : «  l’engagement de l’UGTA aux côtés du Président Abdelaziz Bouteflika est le fruit des multiples acquis économiques et sociaux engrangés par le monde du travail dans le cours du processus de la reconstruction nationale dans la paix »,  note-t-il. L’on ignore si cet appui  est toujours à l’ordre du jour. En tout cas, Sidi Saïd  n’a pas réitéré aujourd’hui son appel  au président de briguer un  autre mandat

L’on sait par contre que  l’homme fort de l’UGTA est favorable à l’idée de la tenue d’une conférence nationale inclusive après les élections  présidentielles,  tel que proposé par le président Bouteflika dans sa lettre de candidature.  « Il est évident que l’UGTA considère que le besoin de changement est devenu nécessaire, comme il est évident qu’il doit se construire à travers un dialogue empreint de sagesse et de construction d’une solution consensuelle permettant de faire émerger l’édification d’une nouvelle République en harmonie avec les aspirations de notre peuple, et d’asseoir sereinement l’avenir et de préserver notre pays, l’Algérie. »,  précise  Sidi Said.

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