Le président Abdelaziz Bouteflika, a nommé ce dimanche les membres du gouvernement qui sera conduit par le Premier ministre, Noureddine Bedoui. A moins d’un mois de l’expiration  de son mandat, le président vient d’exécuter  le premier point de sa feuille de route électorale, à savoir, le remaniement ministériel, même si dans les détails la composante du gouvernement Bedoui est loin de répondre aux objectifs énoncés par Bouteflika.

Bouteflika a décidé de maintenir le chef-d’état major, vice ministre de la défense, Ahmed Gaïd Salah dans le nouveau gouvernement. La rupture entre les deux hommes  semble  être   confirmée. En demandant l’application de l’article 102 de la constitution,  Gaïd Salah s’est rallié aux opposants du prolongement du mandat du président.

Pas plus tard qu’hier, le vice-ministre de la Défense est monté au créneau en dénonçant  « certaines parties malintentionnées (qui) s’affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l’ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple ». Il a  révélé la tenue  en date  du 30 mars 2019, d’une réunion par des individus connus, dont l’identité sera dévoilée en temps opportun, en vue de mener une campagne médiatique virulente à travers les différents médias et sur les réseaux sociaux contre l’ANP et faire accroire à l’opinion publique que le peuple algérien rejette l’application de l’article 102 de la Constitution ».

La reconduction de Gaïd Salah pourrait précipiter en effet la mise en œuvre de l’article 102 de la constitution. Le maintien du vice- ministre de la défense  signifie tout simplement que l’homme sera présent après le 28 avril, qu’il chapeautera la période de transition.

La cohabitation entre le vice- ministre de la défense et le président de la République devenue  impossible, le départ de l’un d’entre eux s’apparente comme « une nécessité ». Si le départ de Bouteflika n’est pas encore confirmé, le maintien de Gaïd Salah l’est par contre.

Deuxième leçon à retenir de cette nouvelle composante gouvernementale, c’est le maintien de Bedoui, un proche collaborateur du frère du président Bouteflika, à la tête du gouvernement. Selon la constitution, c’est sous l’égide de son gouvernement que seront tenues les prochaines élections présidentielles. L’homme est loin de faire consensus au niveau de la classe politique. Il est même accusé d’avoir actionné la machine de la fraude électorale lors des dernières élections. Cette nomination est loin de rassurer la classe politique et le mouvement populaire. Elle confirme  néanmoins que le clan présidentiel n’a pas tout a fait cédé aux pressions.

Bedoui qui a échoue dans son premier teste, celui de composé un gouvernement  consensuel, a opté enfin pour un gouvernement « incolore, inodore et insipide ». Une équipe  destinée surtout à gérer les affaires courantes.

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