Des manifestants près de la Place Audin. Photo prise par Hadjer Guenanfa.

« Bouteflika rayeh rayek, eddi maaak Gaid Salah, Zid Abdelkader Bensalah » ( Bouteflika tu es partant, prends avec toi Gaid Salah et Abdelkader Bensalah ).  Ce slogan porté par les manifestants dans plusieurs villes du pays à l’occasion du sixième  vendredi de mobilisation , c’est une manière aussi pour la rue de dire « Non » à l’offre du chef d’état-major. ce dernier  i a proposé l’application de l’article 102 de la constitution comme « solution » à la crie politique que connait le pays.

Depuis le début des manifestations, le 22 février, l’institution militaire a été épargnée par les critiques. « Djeich khawa khawa », ont scandé les manifestants hier aussi, mais ces derniers ont tenu à marquer leur opposition à la proposition de Gaid Salah.

Le  mouvement populaire rejette donc aussi bien les propositions faites par le cercle présidentiel que celle émise par l’armée.  En attendant un autre signal du pouvoir, le cercle présidentiel réagit comme si de rien n’était. Abdelkader Bensalah « est désigné par le président » pour représenter l’Algérie au somment de la Ligue arabe à Tunis. Entre temps, le ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, poursuit son périple international.

« Un courant au sein du pouvoir  veut pousser le pays vers le chaos ».

L’ancien diplomate, Abdelaziz Rahabi est persuadé que « la recherche inutile de solution dans la constitution est destinée essentiellement à gagner du temps, et ce, en l’absence d’une proposition politique sérieuse de sortie de crise ». « Le pouvoir fait des propositions sans prendre en considération des propositions qui peuvent venir en dehors de son cercle. Je suis enclin de plus en plus de penser qu’il y a un courant au sein du pouvoir qui veut pousser le pays vers le pourrissement, vers la crise, vers le chaos », affirme l’ancien ministre dans une déclaration à Actu-fil.ccom.

Selon lui « la transition est déjà engagée par le peuple ». Quant au pourvoir, « il est dans la résistance à la transition démocratique ».  «Nous sommes dans deux dynamiques contradictoires, que si elle devait durer nous emmènerait vers le chaos ».  « Depuis 62, les décideurs en Algérie pensent qu’on ne peut progresser que par les  ruptures  violentes. Le pouvoir n’a pas la culture de dialogue, il est  habitué à donner des ordres », estime Rahabi

Comment sortir de l’impasse politique ? Rahabi  pense que cela passe par « un accord global entre toutes les forces en tenant compte de la volonté populaire ». « Il faut donner le temps aux Algériens de s’organiser, d’intervenir dans la scène politique », pense-t-il.

Avant de partir le président « doit  réunir les deux chambres pour mettre en place une  institution de la transition. Qui l’a dirige ? Ce n’est pas un problème. On peut placer une personnalité  et  la remplacer  par la suite », estime-t-il.

Pour Lakhdar Benkhelaf, cadre dirigeant au sein du parti El Adala,  « les Algériens n’ont pas dit Non à l’article 102, mais ont réclamé hier, la mise en œuvre de l’article 7 de la même constitution ». Cela devra se traduire, selon lui, par  « le départ du gang ». « Bouteflika ne doit pas partir seul. Ses frères, l’oligarchie, le président du conseil constitutionnel, le président du sénat sont concernés par l’article 102 », précise-t-il à Actu-fil.com.

L’armée, selon Benkhelaf « doit accompagner la transition «  sans pour autant s’immiscer dans les choix politiques ».

Concernant les partis de l’alliance  présidentielle, le FLN brille par son silence. L’instance dirigeante du parti n’a pas réagi à l’appel de Gaid  Salah.  Idem pour le MPA d’Amara Benyounes. Le RND et TAJ ont proposé au président  la désignation d’un nouveau gouvernement avant de démissionner.

 

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