Porte-parole du RND, Seddik Chiheb revient, dans cet entretien, sur l’élection présidentielle du 18 avril prochain et le soutien de son parti à la candidature du président de la République. 

Le président du Conseil constitutionnel est décédé. Nous sommes à moins de trois mois de l’élection présidentielle. Qui va lui succéder ?

D’abord, je joins ma voix à celle du secrétaire général du parti, Ahmed Ouyahia, qui a présenté ses condoléances tôt dans la matinée à la famille. Mourad Medelci est un homme d’État qui sacrifié sa vie au service de la nation. Il laissera un grand vide parmi les siens et dans la grande famille des patriotes. Ensuite, les lois de la république sont claires concernant sa succession. Le prochain président sera désigné incessamment par le chef de l’État.

Le président de la République a convoqué le corps électoral pour le 18 avril prochain. Quelle est la prochaine étape pour le RND ?

Nous sommes le premier parti à avoir demandé au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, de poursuivre sa mission à la tête de l’État. Cette demande a fait l’objet d’un débat approfondi au sein du conseil national en juin 2018. La prochaine étape consiste à se jeter dans la bataille corps et âme. On se prépare à jouer notre rôle de parti qui a toujours soutenu le président de la République dans sa démarche, dans son projet et dans ses ambitions nationales. Notre secrétaire général l’a bien expliqué à l’issue de la réunion du bureau national le 18 janvier dernier. Nous attendons que le président de la République déclare sa candidature. Nous avons un plan qui va être discuté et enrichi lors du prochain conseil national du parti qui se tiendra le 31 janvier et 1er février.

Vous avez d’ores et déjà un plan pour la campagne électorale ?

Depuis le mois de juin 2018, nous avons sillonné les 48 wilayas où nous avons tenu des meetings et des réunions avec nos cadres, nos militants et nos sympathisants pour expliquer le bien-fondé de notre choix politique. L’objectif de ces rencontres était également celui de les préparer à jouer le rôle qui leur est dévolu dans une campagne et dans une conjoncture politique aussi importante.

Quels sont les éléments qui vous permettent d’être sûr concernant la candidature du président de la République ?

Le président Bouteflika n’est pas quelqu’un qui se dérobe de ses responsabilités et encore moins des appels incessants et nombreux émanant des partis politiques, des organisations de la société civile et de l’Algérie profonde. Pour le RND, et le secrétaire général, Ahmed Ouyahia, l’a rappelé à plusieurs reprises, la présence d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’État est un gage de stabilité et de sérénité.

Malgré son état de santé ?

Le chef de l’État a toujours pu rester tenace et lucide lorsqu’il s’agit de l’intérêt du pays, de sa stabilité et de la cohésion de la nation au sens large du terme malgré le poids de la responsabilité. Jusqu’à aujourd’hui, l’homme a toujours répondu présent et s’est toujours acquitté honorablement de ses fonctions constitutionnelles. Je vous rappelle, par ailleurs, que l’Algérie est un pays qui est bien structuré avec des institutions qui fonctionnent correctement.

Est-ce qu’Ahmed Ouyahia se présentera si toutefois le président Bouteflika ne se présente pas à l’élection ou est-ce que le RND soutiendra un autre candidat ?

Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans ce cas de figure. Le RND, comme l’a rappelé notre secrétaire général, n’envisage pas une candidature autre que celle du président Bouteflika.

Louisa Hanoune a déclaré qu’elle ne veut pas se présenter à l’élection présidentielle tout en exprimant son inquiétude sur la situation du pays. Est-elle aussi grave ?

Nous ne pensons pas que l’Algérie connaît de graves problèmes. L’Algérie reste un pays très sécurisé, solvable et stable. Lorsqu’on enregistre une croissance de 2,5% (2018) après quatre années de crise due à la chute du prix du pétrole et lorsqu’on est dans le top 5 en matière de développement humain en Afrique, on ne peut pas être aussi alarmiste. Cependant, nous-mêmes et par moment, on a quelques appréhensions sur la situation globale du pays. Il ne faut pas oublier que nous évoluons dans un environnement régional hostile.

Le jour même, le FFS a annoncé qu’il ne participera pas à la présidentielle tout en appelant la population à boycotter « massivement et activement » le scrutin…

Le FFS est dans sa démarche habituelle.

Ne craignez-vous pas une grande abstention ?

Au cours de ces dernières années, l’abstention est devenue un défi majeur. Au RND, nous avons toujours travaillé sur le terrain pour sensibiliser les citoyens quant à l’importance de prendre part aux différentes élections. Nous avons toujours fait en sorte de leur expliquer la nécessité de faire entendre leurs voix.

On ne peut pas construire une démocratie avec des appels à l’abstention.

Ali Ghediri est désormais candidat à la présidentielle. Au cours d’un débat organisé à Alger, ce militaire à la retraite a défié le système en déclarant : « ce sera moi ou lui ». Un commentaire ?

En attendant de voir le programme de chaque candidat, je n’ai pas de commentaire à faire.

Ahmed Ouyahia n’a toujours pas fait la déclaration de politique générale du gouvernement devant le Parlement…

C’est une disposition constitutionnelle. Ahmed Ouyahia a toujours satisfait à cette disposition et il le fera bien entendu au moment opportun. C’est-à-dire, lorsque son calandrer le lui permettra.

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