Hassen Khelifati est le PDG d’Alliance Assurance. Son entreprise vient de perdre un marché obtenu en janvier dernier. Selon lui, le motif invoqué officieusement est sa participation aux manifestations populaires. 

Alliance Assurance vient de perdre un marché remporté par voie de soumission en février. Vous avez dénoncé la décision de retrait de ce marché prise par le wali de Blida. De quoi s’agit-il exactement ?

Il s’agit du marché de l’Epic Mitidja Nadhafa qui était dans notre portefeuille depuis des années. Début janvier, l’avis d’attribution de ce marché a été publié par deux quotidiens nationaux, El Moudjahid et Echaâb. Tout société a un droit de recours de dix jours. La SAA a déposé le sien le 17 février dernier auprès du wali de Blida. C’est-à-dire 45 jours après l’attribution. Cette société publique a invoqué une raison qui est fausse en disant que le Premier ministre (Ahmed Ouyahia) a instruit les institutions publiques de s’assurer exclusivement chez les entreprises publiques. Le wali a décidé d’annuler l’attribution du marché à Alliance assurance et d’instruire l’Epic d’aller vers une entreprise publique.

Comment expliquez-vous cela ?

Monsieur le wali de Blida n’a pas apprécié ma participation aux marches populaires. C’est ce qui a été dit, dans les coulisses, à nos collaborateurs quand ils sont partis se renseigner auprès de la wilaya de Blida. On dénonce l’amalgame fait par le wali de Blida entre l’entreprise et les personnes. On dénonce également la discrimination contre les entreprises privées.

Comment comptez-vous réagir? 

On a décidé de saisir l’Epic Mitidja Nadhafa par voie de huissier pour appliquer l’attribution aujourd’hui. S’ils refusent de le faire, on saisira alors les tribunaux. Le wali piétine la Constitution et notamment l’article 43 de cette Loi fondamentale qui interdit la discrimination, la concurrence déloyale et le monopole. Il est évident qu’on n’écarte pas le fait qu’il y ait parfois de l’excès de zèle de personnes qui ne respectent pas la loi algérienne.

Avez-vous des appréhensions par rapport à vos projets en Algérie après ce qui s’est passé ?

Nous avons pris nos responsabilités. Évidemment, nous avons des appréhensions. Mais ce qui s’est passé ne nous surprend pas. Nous nous y attendions à vrai dire. Mais nous appelons à la sagesse et à ne pas faire l’amalgame entre la liberté d’expression et l’exécution des missions de service public des commis de l’Etat.

Est-ce que vous participerez aux prochaines manifestations?

Je pense que nous ne pouvons pas être à la marge. Je vais certainement encore marcher en tant que citoyen libre qui veut un meilleur avenir pour l’Algérie et ses enfants.

 

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