Ancien moudjahid et membre du secrétariat national de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Ali Dahlouk répond à nos questions sur les décisions annoncées le 11 mars par le président de la République dans un contexte marqué par les manifestations populaires.

Dans une lettre adressée à la Nation, Abdelaziz Bouteflika a annoncé plusieurs décisions. Quelle est votre réaction en tant que membre de l’ONM ?

Je prends acte du message du président de la République. Évidemment, nous restons aux côtés du peuple dont les revendications sont légitimes et claires. Dans sa lettre, le président de la République a répondu aux Algériens. Maintenant, il faut montrer que les revendications du peuple sont acceptées par lui et par son entourage.

Ensuite, je pense que les responsables désignés pour exécuter le programme annoncé ne sont pas acceptés par la population. Je ne parle pas de quelqu’un en particulier mais de tout le monde. Pour moi, ce sont des Algériens qui sont au service de la Nation et qui aiment l’Algérie comme nous tous.

Mais les Algériens ne leur font plus confiance. Ils sont là depuis des années. Leurs promesses n’ont pas été tenues. Ces frères ne sont pas crédibles (aux yeux du peuple, NDLR). C’est ça le problème. Il faut ramener des personnes crédibles.

Que pensez-vous du choix de Lakhdar Brahimi pour mener le dialogue national ?

Lakhdar Brahimi ne connaît pas les Algériens. Il vit à l’étranger depuis 1962. Il y a des Algériens qui sont très bien. Je vous parle de personnes qui vivent avec le peuple algérien, qui réfléchissent comme lui et qui parlent comme lui. Nous n’en pouvons plus de ces gens qui viennent nous parler comme si nous étions des Égyptiens ou des Nigériens. Nous sommes des Algériens !

Avec le report de l’élection présidentielle, Abdelaziz Bouteflika prolonge son mandat. Quelle est votre position en ce qui concerne ce point ?

Lors de la passation de consignes, j’ai entendu le Premier ministre dire : il nous faut du temps. Cela veut dire que n’est plus une affaire de six mois ou d’une année. Ils vont ainsi créer un problème avec la population. Il faut montrer une bonne volonté. Les Algériens n’ont plus confiance. Ils n’y croient pas. Pour eux, ces gens ne sont pas crédibles.

Mais que pensez-vous du prolongement ?

La loi est claire. Même la nomination d’un vice-Premier ministre n’existe pas dans les textes. Nous disons qu’il faut respecter la Constitution et les lois algériennes. On ne demande pas plus. On ne peut pas créer un poste de vice-Premier ministre comme ça. J’ajoute qu’il faut donner des gages aux Algériens. Il ne faut tourner autour du pot. Il faut être précis et clair.

Je voudrais cependant rappeler que le président est un moudjahid que nous respectons. Nous lui souhaitons une bonne santé. Il affirme dans sa lettre qu’il a entendu le peuple. Mais entre son message et son exécution, il y a un fossé. Cela veut dire qu’on ne respecte pas ce qu’il a dit.

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