Abdelouahab Benzaim est membre du Conseil de la nation et cadre du FLN. Cet élu explique la vision de son parti du changement radical exigé par le mouvement populaire.

« Tout le monde est d’accord pour aller vers le changement radical » y compris le FLN, selon vous. Pour certains, ce changement radical signifie notamment la restitution de sigles historiques dont celui de votre parti. Qu’est-ce qu’il signifie pour vous ?

Pour moi, le changement radical concerne les institutions de l’État. On peut envisager par exemple un régime parlementaire avec une seule chambre au lieu du régime semi-présidentiel. C’est la conférence nationale indépendante et inclusive proposée par le président de la République qui déterminera les points essentiels de ce changement radical. Pour ce qui est du FLN, seuls ses militants peuvent parler et décider de son sort. Il est inacceptable que quelqu’un de l’extérieur se mêle des affaires internes du parti.

Des centaines de milliers de personnes sont sortis vendredi pour dire non aux propositions du président Bouteflika. Est-ce que vous concevez un changement radical en dehors de cette conférence nationale et du projet du chef de l’État ?

Pour aller vers ce changement radical, il est inévitable de s’asseoir autour d’une table pour discuter de ce qu’on veut pour le pays. Le président de la République a parlé d’une conférence nationale. Mais peu importe l’appellation qu’on va lui donner. L’essentiel est de s’asseoir et discuter entre nous Algériens afin d’arriver à un consensus autour d’une plateforme. En plus, il faut souligner que le président ne participera pas à cette conférence nationale qu’il propose. Son gouvernement non plus.

 

Le FLN a réaffirmé son soutien à la feuille de route du président Bouteflika. Aujourd’hui, des mouhafidhs contestent la direction actuelle et ses positions notamment par rapport au mouvement populaire. Un commentaire ?

Les mouhafidhs légitimes qui sont en fonction n’ont pas participé à cette réunion. Et puis pourquoi aller vers des réunions informelles dès lors que les portes du FLN sont ouvertes pour tout le monde. Le coordinateur de l’instance dirigeante du parti a assuré que tout le monde pouvait prendre part au congrès du parti qui se tiendra au mois de mai.

Que voulez-vous dire par « tout le monde » ?

Je veux parler des membres du comité central dissous, les députés et sénateurs, les ministres et ex-ministres et les délégués des wilayas. Si on veut convaincre le peuple de la nécessité de se réunir dans le cadre de la conférence nationale, il faut commencer par soi-même. Il faut aller au dialogue

Les mouhafidhs du parti refusent d’organiser les assemblées…

Hier, les sept mouhafidhs de la wilaya d’Alger étaient présents à la réunion avec Mouad Bouchareb. Les mouhafidhs commencent à travailler. Ceux qui sont contre les instructions de la direction doivent se dévoiler et le dire publiquement. Pour l’instant, nous n’avons vu aucun nom.

Certains contestataires se vantent du soutien du ministre de Tayeb Louh…

Selon ce que je sais, Tayeb Louh est membre de l’instance dirigeante du FLN. Jusqu’à maintenant, il a pris part à deux réunions de cette instance.

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