Le ministère de la Défense nationale a réagi, ce dimanche 30 décembre, aux écrits et interventions des militaires à la retraite dans la presse qui interviennent à quelques mois de l’élection présidentielle. « À l’approche de l’échéance électorale présidentielle, certains individus mus par des ambitions démesurées et animés par des intentions sournoises tentent et par tous les moyens, notamment les médias, de préjuger des prises de positions de l’institution militaire vis-à-vis des élections présidentielles et s’arrogent, même, le droit de parler en son nom », indique d’emblée le département dirigé par le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Saleh, dans un communiqué publié sur son site.

Pour le ministère de la Défense nationale, ces individus qu’il qualifie « d’aigris » et de « sans envergure » « visent sans succès à influencer l’opinion publique et de s’affubler de la crédibilité qui leur fait énormément défaut ». « N’ayant pas trouvé d’échos à leurs interventions écrites récurrentes, diffusées dans les médias, ces derniers qui se sont improvisés pour la circonstance, en experts pluridisciplinaires, ont été à priori, instruits de s’adresser au Haut Commandement de l’Armée nationale populaire, comme ultime recours », poursuit la même source.

Celle-ci estime que « c’est d’autant plus regrettable, que ces faits sont l’œuvre de certains militaires à la retraite qui, après avoir servi longtemps dans les rangs de l’Armée nationale populaire, rejoignent des cercles occultes et ce, dans le seul but d’assouvir des ambitions personnelles démesurées, qu’ils n’ont pu réaliser à l’intérieur de l’institution ».

 

Grave dérive

Le ministère de la Défense estime également que ces « individus » qui ont perdu le « sens de la mesure » s’octroient « une vocation et une dimension qui ne sont pas les leurs, et se lancent, sans aucun scrupule, dans des affabulations débridées, découlant d’un narcissisme maladif, qui les pousse jusqu’à prétendre bien connaitre le Haut commandement de l’Armée nationale populaire, pour prévoir sa position vis-à-vis des élections présidentielles ». Le département de la Défense qualifie cela de « grave dérive qui dénote d’un seuil inquiétant d’inconscience que seule l’ambition aveugle peut provoquer ».

Il ajoute que l’armée « dont la démarche est dictée par son caractère éminemment légaliste et républicain, respectueux de l’ordre constitutionnel, n’a pas de leçons à recevoir d’individus qui n’existent que par les cercles qui les commanditent ».

« L’incohérence du discours développé par ces derniers, notamment concernant la question lancinante d’accorder la chance aux jeunes pour assumer des responsabilités au sommet de l’État, qui leur est, vraisemblablement, dicté par leur mentors, trahit leurs véritables intentions et leur approche maladroite, en ce sens que cette question n’a absolument pas lieu d’être posée et, pour cause, la quasi-totalité des hautes fonctions de l’État sont occupées à l’heure actuelle par des cadres, issus de la période post-indépendance », affirme-t-il.

 

Des appels lancés à Gaïd Salah

Dans son communiqué, le ministère de la Défense revient sur les appels lancés à Ahmed Gaïd Salah. « D’autre part et feignant méconnaitre les missions constitutionnelles de l’Armée nationale populaire, ces individus demandent publiquement au vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, à prendre ses responsabilités pour, selon eux, consolider les acquis démocratiques, dans un discours à la fois alarmiste et malintentionné. Il ressort, malheureusement, de l’acharnement de ces individus contre l’institution qui les a vu grandir, aux sens propre et figuré, que leur démarche, qui ne saurait être individuelle tant les arguments qui la sous-tendent sont fallacieux, et semble obéir à une machination fomentée par des cercles occultes », assure-t-il.

Le même département critique également les interventions des militaires à la retraite dans le domaine de géostratégie. « Dans une tentative ratée de se faire prévaloir d’un soi-disant pragmatisme et réalisme, l’analyse développée sur le statut de l’Algérie au niveau régional par ces apprentis analystes révèle, à bien des égards, que la connaissance dans le domaine géostratégique, dont ils se targuent sans en maîtriser les contours, ne les prédisposent, même pas, à saisir le sens du concept « État pivot », et trahit leur intention de minimiser les acquis réalisés à la faveur de la stratégie sécuritaire adoptée par le Haut Commandement, y compris en termes de coopération régionale et internationale, qui est mise en œuvre dans le cadre du strict respect des dispositions de la législation nationale », écrit-il.

 

Application de la loi

Le ministère de la Défense nationale rappelle les peines prévues par les deux lois adoptées en 2016 :  statut des officiers de réserve et statut général des personnels militaires. « Pour parvenir à leur fin, ces gens-là qui ont fait abstraction de toute considération à l’obligation de réserve à laquelle ils sont astreints, en vertu de la loi n°16-05 du 03 août 2016 et sous peine de laquelle ils peuvent être poursuivis en justice, s’essayent à la politique, avec comme seul attribut l’esprit revanchard et se permettent, sans respect de toute forme d’éthique et de déontologie, de s’ériger en donneurs de leçons », a-t-il soutenu.

Le ministère de la Défense nationale conclut son communiqué en mettant clairement en garde les « individus » qu’il critique. « Enfin, compte tenu de ces agissements récurrents qui ont dépassé, par leur indécence, le seuil de l’intolérable, notre institution se réserve le droit de faire appliquer à l’encontre de leurs auteurs, les mesures légales appropriées ».

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