Hier vendredi 29 mars, des militantes féministes ont été prises à partie par des manifestants au centre-ville d’Alger. Certains leur ont même arraché les feuilles qu’elles tentaient de coller près de la Place Maurice Audin au moment de la marche. « On a failli les lyncher », assure un photographe à Actu-fil.com.

« Avec un groupe de femmes, nous sommes sorties aujourd’hui pour manifester contre le système et pour une Algérie meilleure, nous avons mis en avant des revendications de femmes et avons investi un petit espace à Audin. Des passants nous ont même aidées à accrocher nos banderoles », relate Amina sur sa page Facebook.

« Cinq minutes plus tard, nous avons été agressées verbalement, physiquement, nos banderoles ont été déchirées, nous avons subi la haine et la rage de manifestants, les arguments contre nous disaient: ce n’est pas le moment, vous divisez : nous jugeons que c’est le moment parce qu’il s’agit de notre existence dans notre pays », poursuit-elle. 

Selon elle, d’autres personnes leur demandaient de se voiler et leur disaient « que l’égalité on ne l’aura jamais c’est contre l’islam ». « Heureusement, qu’il y a eu des hommes bienveillants qui ont essayé de nous protéger jusqu’à ce que nous quittions l’espace », précise-t-elle.

Sur une vidéo publiée sur Facebook, deux militantes tiennent tête à leurs agresseurs et dénoncent l’attitude des forces de l’ordre présentes sur les lieux. « On est des Algériennes et personne ne peut nous enlever nos droits », tonne celle qui filme la scène.

De nombreuses personnes ont dénoncé cette agression sur les réseaux sociaux. « On ne peut pas vouloir la liberté pour soi et l’interdire pour la femme algérienne. On ne peut pas dénoncer un système injuste et reproduire cette injustice sur la femme », écrit Kamel Daoud.

« On ne peut pas rêver d’une Algérie meilleure pour soi mais qui n’est pas meilleure pour les femmes algériennes. On ne peut pas dénoncer un Régime et avoir ses mœurs face à la femme. La liberté est entière. Ou c’est une injustice », tranche l’écrivain.

« On ne peut pas dire « dégagez tous maintenant ! » aux gangs du régime et dire aux femmes « ce n’est pas le moment ». On est contre ce Régime même quand il est dans nos esprits et nos habitudes. Ou bien on ne l’est pas », conclut-il.

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