Les réserves de change de l’Algérie se sont établies à 79 milliards de dollars à la fin 2018. C’est ce qui a affirmé Mohamed Ferhane, directeur général de la prévision et des politiques au ministère des Finances, ce lundi 14 janvier. « Nos réserves seront un peu au dessous des 80 milliards de dollars à fin 2018 », estime-t-il, sur les ondes de la chaine 3 de la radio nationale. Plus précis, il atteste que l’Algérie a fini l’année « avec à 79 milliards de dollars ».

Ce cadre du ministère des finances reste toute fois confiant. Pas question, selon lui, de céder à l’alarmisme : « l’Algérie dispose d’une marge de manœuvre jusqu’à 2023. Le pays a encore la possibilité de remonter la pente grâce aux réformes structurelles mises en œuvre par le gouvernement », rassure-t-il.

Ce qui est moins rassurant, par contre, ce sont les déclarations contradictoires des autorités algériennes sur les réserves de changes. Le 23 décembre, Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, avait indiqué que les réserves en devises de l’Algérie ont chuté à 82,12 milliards de dollars à fin novembre 2018.
Nous sommes loin aussi des estimations du ministre des finances, Abderrahmane Raouia, qui a déclaré à l’APN que les réserves de changes de l’Algérie devraient baisser à 85,2 milliards de dollars fin 2018. « En 2019, ces réserves devraient encore baisser pour s’établir à 79,7 milliards de dollars, avant de baisser encore à 76,2 milliards de dollars en 2020 », selon les données communiquées par le même responsable.

Qui dit la vérité ?

Si on prend en considération les prévisions de Loukal, l’Algérie aurait perdu 3 milliards de dollars en l’intervalle d’un mois, ce qui est énorme. Mais Ferhat Ait Yahia, expert financier, explique dans une déclaration à Actu-fil.com, que « c’est faisable ». « Il ne faut pas oublier qu’une partie des détentions de l’Algérie sont dans des monnaies autres que le dollar. Si le taux de change de l’Euro ou du livre Stirling baissent face au dollar, qui est une monnaie de référence dans le commerce extérieur algérien, nos réserves de change vont être affectées » soutient-il. Selon l’expert, « l’écart n’est pas énorme entre le chiffre du gouverneur de la banque d’Algérie et celui avancé par le représentant du ministère des finances». « Entre novembre et fin décembre il faut compter l’érosion de 1,5 milliards de dollars dans des dépenses directes. Il faut rajouter à cela, les dépenses qui ne sont comptabilisées qu’à la fin de l’année ou au début de l’année qui suit, notamment dans les services ».

Le ministre des Finances ignore-ils ces détails ? « Certainement pas », précise le député d’El Adala, Lakhdar Benkhelaf, à Actu-fil.com. « Ce sont ces contradictions qui alimentent le doute chez les députés sur les statistiques officielles communiquées par les autorités algériennes», souligne-t-il.

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