L’ancien Chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche, a publié, ce dimanche 13 janvier, sur les colonnes du quotidien national El Watan une longue contribution intitulée «De l’Etat et de la gouvernance».
Comme en 2014, Hamrouche a choisi de rompre le silence à la veille des présidentielles. Mais contrairement à son message du 17 février 2014, il n’évoquera ni explicitement ni implicitement, ce rendez-vous électoral. Hamrouche ne lance aucun appel, ne désigne aucune cible, mais fait le constat «de l’échec de notre pays dans l’édification de l’Etat de droit et dans la mise en place des conditions de l’exercice de gouvernance».
« Ce n’est pas une action politicienne ».
Le timing de la contribution reste quand même symbolique sur le plan politique. Le président de la république devrait convoquer le corps électoral dans les jours qui suivent. Mais dans l’entourage de l’ancien chef du gouvernement on refuse de faire lien entre la sortie et le rendez-vous électoral : « Hamrouche ne s’est pas livré à un acte politicien», précise à Actu-fil.com, un proche de l’ancien chef du gouvernement. Selon lui, «les desseins politiques, les débats factuels, n’intéressent pas Hamrouche». Ce n’est surtout pas dans le souci «de se positionner que l’homme a rompu le silence». «Ce qui l’intéresse, poursuit notre source, c’est le destin du pays et non les desseins conçus pour plaire ou pour se positionner». Notre interlocuteur rappelle « (qu’) en 2014, Hamrouche avait répondu à une situation bien précise, ce n’est pas le cas aujourd’hui». A travers sa contribution, l’ancien du gouvernement, a «voulu recadrer le débat politique en Algérie, en mettant en avant l’intérêt d’édifier un l’Etat de droit et la mise en place des conditions de l’exercice de gouvernance».

L’impasse politique.
Le constat de Hamrouche est sans ambages: L’Algérie est plongée dans une impasse politique. Le régime du président Bouteflika en est- le seul responsable? Non, laisse-t-il croire. Ce dernier revient plusieurs décennies en arrière pour évoquer la crise de 62, «qui a changé les priorités opérées durant la guerre de libération», à savoir, la liberté et le consentement de la population. «La crise de l’été qui remettra en cause des acquis de cette époque et changera des priorités opérées durant la guerre, a été un tournant dramatique qui causera un retard préjudiciable pour le projet de l’Etat au profit d’un système de pouvoir plutôt que de gouvernance», écrit-il.
Comment sortir de l’impasse? Notre pays «a besoin plus que jamais de discernement pour pouvoir faire face aux diverses menaces, peur désespoirs et résignation», propose Hamrouche. Qui seront les acteurs de ce changement? Le régime en place «qui a échoué», de l’avis même de Hamrouche depuis 62, peut-il mener cette révolution? Et avec qui? L’exercice s’avère compliqué. L’Algérie, développe Hamrouche, ne souffre pas seulement de son pouvoir, mais connait «un déficit en élite politique et en de vraies forces d’adhésion». En résumé, l’impasse a touché les trois principaux éléments du changement, à savoir, le pouvoir, l’élite et le peuple. « Les flous et les dysfonctionnements ne pouvaient se résorber et se corriger présentement « que par des approches graduels et séquentielles et par la pondération et la lucidité des élites nationales face à de responsables institutions constitutionnelles et de vrais partis de militants», dit-il.
Dans sa contribution, l’ancien chef du gouvernement revient sur le rôle de l’Etat. «Pour l’Etat et les hommes d’Etat, il n’ya que des missions et des devoirs, point de pouvoir. Le pouvoir et son exercice relève d’un gouvernement soumis à contrôle ».
« Aucune fonction d’autorité d’Etat ne s’exerce, soutient-il, dans l’anonymat sans habilitation, sans autorisation, sans vérification et sans contrôle à priori et à posteriori. C’est aussi pour que l’Etat ne soit jamais privatisé au profit d’un groupe, un intérêt, une secte ou une influence extérieure ». Pour lui, «Tout pouvoir de secte, d’ombre ou d’influence non identifiée qui échappe à tout contrôle est une menace traîtresse contre l’Etat et ses trois fondement »
Sur le rôle de l’institution militaire.
La composante humaine de l’armée « fait parties des sujets de société », rappelle Hamrouche qui qualifie l’armée de la « colonne vertébrale» de l’Etat. Ce dernier poursuit que «des expériences et des études y compris dans de vieux partis structuré socialement et démocratiquement, ou l’armée avait servit de base un temps pour gouverner, ont démontré que cela nuit à sa mission. De même que cela brouille ses rapports avec la société, menace ses articulation et son organisation affaiblit sa cohésion et sa discipline ».
L’implication de l’armée dans la gestion politiques, force ses composants, « particulièrement le corps des officiers, à adhérer à des idéologies et à devenir partie prenante des conflits internes». Tout ces risques « peuvent le faire chavirer d’une institution nationale à une instituions anti-établissement » met-il en garde.

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