Conviée sur le plateau de C à vous, le mardi 13 octobre dernier, l’essayiste à la plume bien pointue et à la langue bien pendue, Pascal Bruckner a décrié la cause défendue par les néoféministes, celles qui souhaitent, à l’extrême, « éliminer » l’homme blanc hétérosexuel…Une prise de position largement critiquée par de nombreux internautes et quelques figures emblématiques du féminisme.

Contrairement aux paroles qui tendent à s’envoler, les écrits restent pour la postérité. Et dans ce cas de figure, il suffit parfois d’un mot, d’une phrase ou encore de quelques lignes pour qu’un livre déclenche un tohubohu sans précédent…C’est exactement le cas avec le dernier ouvrage d’ Alice Coffin, Le Génie lesbien , sorti il y a quelques jours aux éditions Grasset.

« l’homme blanc est devenu le bouc-émissaire du discours néoféministe« .


En effet, la journaliste et militante féministe, en dénonçant, écrivait-elle, « le monopole du pouvoir, du prestige et de l’argent par quelques milliers d’hommes blancs« , se retrouve, malgré elle, au cœur d’un scandale le plus commenté sur les plateaux télés et sur la Toile.

Comme ce qui s’est passé dans l’émission C à vous, lors d’un nouveau numéro diffusé sur l’antenne de France 5, le mardi 13 octobre 2020 où l’inénarrable Pascal Bruckner a fait office en tant qu’invité d’Anne-Elisabeth Lemoine et son équipe.

En présentant son livre intitulé Un coupable presque parfait : la construction du bouc-émissaire blanc, l’écrivain avait profité de l’occasion pour exprimer ses idées suite à la grosse polémique déclenchée par l’essai d’Alice Coffin.

« l’homme blanc est devenu le bouc-émissaire du discours néoféministe, qui n’a pas grand chose à voir avec le féminisme que j’ai connu avant« , lançait-il au tout début de son temps de parole. « Je pense qu’Alice Coffin nous a rendu un grand service, elle nous a mangés le morceau », poursuivait-il avant d’ajouter : « Jusque là, on essayait de dire : ‘les hommes, il faut reconstruire les rapports avec eux’ ».

Pour cette fois-ci, Alice Coffin, de façon très claire, continuait-il toujours, « dit éliminer et cela s’entend de plusieurs façons. Cela veut dire aussi exterminer, liquider ». « Il y a eu pas mal de projets politiques au cours du XXème siècle où l’on a voulu éliminer un groupe« , surenchérit-il. Par conséquent, Pascal Bruckner affirme sans ambages qu’enfin de compte, le néoféminisme « tente de séparer les deux sexes« .

La réaction des internautes.


La réaction des internautes, suivie par celle de quelques figures proues du féminisme ne se faisaient pas entendre. Et il faut dire que les propos étaient très violents.

« Honteux », « Ramassis de bêtises », « Continuer de déformer les propos d’Alice Coffin, personne pour le corriger ? », « Quelle honte, quelle misogynie« , pouvait-on lire dans le fil des commentaires laissés par les usagers du réseau social à l’oiseau bleu.

Les féministes montent au créneau…


De leurs côtés, la publication de certaines féministes ne laissait planer aucun doute. « Dégueulasse C à vous de parler une nouvelle fois d’Alice Coffin dans son dos et de laisser Bruckner débiter ses falsifications venimeuses sans le corriger. Cela après l’avoir décommandée le jour de la sortie de son bouquin à la demande expresse d’on ne sait qui« , postait le féministe Claire Underwood.

Pour Valérie Rey-Robert, auteure du remarquable ouvrage Sexisme, une affaire d’hommes, « (…) Bruckner peut dire que nous (…)avons pour projet d’exterminer les hommes blancs en nous comparant à ceux qui ‘ont eu le projet politique au 20ème siècle d’éliminer un groupe’« , tweetait-elle, avant de décrier haut et fort que « C’est 2 fois immonde ». Pour elle, les propos de cet écrivain tente à « relativiser totalement les génocides du 20ème siècle.«