Le président Abdelazziz Bouteflika a déclaré officiellement son intention de briguer un cinquième mandat. Dans un long message écrit adressé à la nation, le candidat à sa propre succession revient sur sa gestion, évoque son bilan et promet un avenir meilleur aux algériens s’il est élu.

Bouteflika n’est pas le candidat du FLN.

« Bien sûr, je n’ai plus les mêmes forces physiques qu’avant, chose que je n’ai jamais occultée à notre peuple, mais la volonté inébranlable de servir la patrie ne m’a jamais quitté et elle me permet de transcender les contraintes liées aux ennuis de santé auxquels chacun peut être un jour confronté ». C’est ce qu’a affirmé le Président Abdelaziz Bouteflika dans sa lettre adressée, ce dimanche 10 février, à la nation.

Bouteflika confirme sa candidature à l’élection présidentielle, 24 heures seulement après le grand meeting organisé par le FLN à la coupole de 5 juillet. Mais contrairement aux vœux exprimés par Moad Bouchareb, coordinateur de l’ex parti unique, Bouteflika n’a revendiqué dans son message aucune appartenance politique. Autrement dit, Bouteflika se présentera le 18 avril comme un candidat libre.

Bouteflika affirme qu’en prenant part à l’élection présidentielle, il répondait « aux nombreuses voix au sein de la classe politique et de la société civile qui m’ont sollicité pour poursuivre ma mission au service de la patrie ».

Le bilan du 20 ans au pouvoir.

Dans son message, Bouteflika a défendu son bilan. Il mettra en exergue « les réalisations » et les « acquis » de l’Algérie durant les 20 dernières années. Selon lui, le pays se porte mieux. « Depuis ma première investiture à la tête de notre pays, je me suis consacré à éteindre le brasier de la Fitna, à rassembler de nouveau une nation meurtrie par la tragédie nationale et à engager la reconstruction d’un pays ébranlé par une crise multiforme », précise le président. « La voix de l’Algérie s’est de nouveau faite entendre avec force sur la scène internationale, et la Réconciliation nationale est devenue un exemple pour de nombreuses nations dans le monde », poursuit-il.

Le candidat potentiel rappelle que « les réformes se sont succédées dans de nombreux domaines». Sur le plan économique, « l’Algérie a conforté sa souveraineté, grâce à un désendettement massif, à l’accumulation de réserves de change et à la constitution d’une épargne publique appréciable ». Le président « cite aussi les réformes et les incitations publiques qui ont permis des progrès indéniables dans la diversification de l’économie et les exportations hors hydrocarbures ».

Au plan social, la situation « s’est améliorée sensiblement », pense Bouteflika. Un constat qui s’appuie sur « le recul du chômage, la prise en charge effective de nos concitoyens en matière d’habitat, sur tout le territoire national, la large satisfaction des besoins des citoyens en eau et énergie, ainsi que par le triplement du nombre de nos enfants, filles et garçons, présents dans les écoles ».

L’Unité nationale « a été confortée par la promotion de tamazight comme l’un des piliers de notre identité nationale aux côtés de l’Islam et de la langue arabe », rappelle Bouteflika. Ce dernier revient sur la place qu’occupe désormais la femme qui a vu « son rôle en politique et dans le monde du travail, « rehaussés ». Bouteflika pense que l’Etat a fait ce qu’il est nécessaire envers la jeunesse : « Ainsi, avons-nous veillé à ce que notre jeunesse s’investisse davantage dans l’appropriation de son avenir par l’acquisition massive de la science et des connaissances, ainsi que par l’accès continu à la sphère productive et décisionnelle dans tous les domaines ».

Conférence nationale : le pouvoir confirme les tractations avec Makri.

Le président de la République n’est pas le premier à évoquer cette initiative. L’idée de la conférence nationale a été défendue et largement médiatisée par le président du MSP, Abderrazak Makri, et Amar Ghoul, chef de fil de TAJ. En rebondissant sur cette question, Bouteflika confirme que des tractations ont eu lieu entre le pouvoir l’opposition autour de l’organisation de la conférence nationale. Jusqu’ici, ni le gouvernement, encore moins le cercle présidentiel, n’a réagi aux propos d’Abderrazak Makri sur ses rencontres avec le frère du président Said Bouteflika, et plusieurs autres intermédiaires du pouvoir.

Révision « profonde » de la constitution.

« Si vous m’honorez de votre confiance précieuse, le mois d’avril prochain, j’inviterai dès cette année toutes les forces politiques, économiques et sociales de la Nation à une Conférence nationale consacrée à la concrétisation du consensus sur les réformes et les changements que notre pays devra engager en vue d’aller plus loin dans la construction de son devenir et de permettre à nos concitoyens de continuer à vivre ensemble, de mieux en mieux, dans la paix et la prospérité.. » affirme le président.

Outre l’élaboration d’une plate forme politique, économique et sociale, la Conférence nationale « pourra aussi proposer un enrichissement profond de la Constitution, dans le respect de ses dispositions relatives aux constantes nationales, à l’identité nationale et au caractère démocratique et républicain de l’Etat ».

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