Les nouveaux membres du Conseil de la nation élus lors des sénatoriales du 29 décembre dernier et ceux désignés dans le cadre du tiers présidentiel seront installés lors d’une séance plénière qui se tiendra, mardi 15 janvier. Une séance qui devra entériner le nom du président de la chambre haute du parlement.

La mission d’Abdelkader Bensalah arrive logiquement à sa fin. L’article 131 de la constitution stipule que le président du Sénat est « élu après chaque renouvellement partiel de la composition du conseil », contrairement au président de l’Assemblée populaire national qui est élu pour la durée de la législature.

Si la constitution fixe la durée de chaque mandat, elle reste muette sur le nombre des mandats autorisés pour le président du Sénat. Une brèche qui joue en faveur du deuxième homme de l’État.

En effet, selon des informations recueillis par Actu-fil.com, Abdelkader Bensalah préservera son poste du président du Sénat. « Sauf changement de dernière minute, le président sortant sera reconduit », souligne notre source. La décision « émane du chef de l’État » qui maintient ainsi  le partage classique au sein du pouvoir législatif entre les deux principaux partis au pouvoir, le FLN et le RND.

Bensalah incontournable?

Le président du Senat est apparu très affaibli lors de la signature de la loi de Finance 2019, le 27 décembre dernier. Ce n’est point un secret, le deuxième homme de l’État a multiplié ses visites à l’étranger et plus précisément en Suisse, ces cinq dernières années, pour soigner son cancer. Sa maladie l’a éloigné de la gestion des affaires de la chambre haute du Parlement, donnant un argument supplémentaire à ses adversaires au FLN pour espérer son départ.

Peine perdue. L’homme a su surmonter ses difficultés et se maintenir comme une personnalité incontournable au sein de l’une des plus importantes institutions de l’État. Bensalah reste aussi imperturbable malgré l’échec cuisant de son parti, le RND, à élection pour le renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation. Pour rappel, le parti d’Ahmed Ouyahia est arrivé loin derrière le FLN avec seulement 10 sièges.

Dans les coulisses, les élus du FLN estiment que le poste du président du Sénat leur revient de droit. Aucun d’entre eux n’ose, cependant, le revendiquer publiquement. Sauf Amar Saidani. L’ancien secrétaire général du FLN était parmi les rares voix Flnist, sinon la seule, à avoir réclamé la présidence du Sénat pour le FLN.

« L’allégeance n’a pas de couleur politique »        

Mais comment expliquer le maintien de Bensalah à la tête du Sénat? La décision de la présidence est-elle réellement liée à cette volonté de préserver un certain équilibre entre les deux partis du pouvoir? Le choix de la présidence est-il lié à d’autres considérations? Il semblerait que la personnalité de Bensalah et son allégeance totale au président de la république est le paramètre  clé dans le choix de la présidence. « L’allégeance n’a pas de couleur politique », défend notre interlocuteur.

Ce dernier nous renvoie vers le conflit à l’APN qui s’est achevé par l’éviction de Said Bouhadja. L’homme appartient pourtant au parti du président. Il ne faut pas perdre d’esprit aussi que le poste occupé par Bensalah d’une extrême importance. C’est lui qui remplacera le président de la république en  cas d’empêchement ou de vacance du pouvoir, en attendant l’organisation des élections présidentielles.

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