Ali Ghediri a annoncé, ce samedi 19 janvier, sa candidature à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. Dans sa déclaration officielle dont Actu-fil.com détient une copie, le général-major à la retraite dresse d’abord un tableau noir de la situation du pays.

« L’Algérie traverse une phase décisive de son histoire. Au désespoir que vit notre peuple, notamment sa jeunesse, s’ajoute la déliquescence de l’État et de ses institutions. Le constat est amer : État de non-droit, vieillissement de sa composante humaine, injustice sociale, rente érigée en système de gouvernance, népotisme et corruption gangrènent notre société », écrit-il.

« L’insécurité qui menace quotidiennement les Algériens est aggravée par le trafic et la consommation de drogues de plus en plus dures. L’autoritarisme empêche l’émergence d’une réelle démocratie. Le clanisme et la prédation ont érigé le régime politique en oligarchie », ajoute-t-il.

 

Relever un défi

Pour lui, la « résignation n’est pas une fatalité en soir » face à une telle situation. « J’ai décidé de relever le défi en me portant candidat à l’élection présidentielle d’avril 2019. Ce défi majeur ne peut se réaliser sans l’adhésion et l’implication du peuple. Il consiste en une remise en cause, sans tabou, de l’ordre établi, tant les conditions actuelles sont des plus complexes et des plus périlleuses pour la nation. Il s’inscrit, pour sa réalisation, dans le cadre d’un projet novateur, qui s’articule autour d’un objectif : la rupture sans reniement », assure-t-il.

En parlant de rupture, Ali Ghediri dit savoir qu’il utilise un « mot fort » qui « fait peur aussi bien à la minorité qui, s’accommodant de ce système – ou de ce qui en reste –, œuvre pour le perpétuer, qu’à l’écrasante majorité qui, tout en appelant le changement de tous ses vœux, en redoute les retombées ». À cette majorité, le général à la retraite affirme que « ce dont ils doivent avoir légitimement peur, ce sont les maux générés par ce système qui poussent nos enfants à fuir leur pays et qui empêchent ce peuple d’y vivre sereinement dans le confort et le bien-être et de profiter pleinement des richesses qu’il est potentiellement en mesure de leur offrir ».

« La rupture s’impose à nous, si nous voulons aller de l’avant. La question se pose en termes existentiels pour la nation, pour renouveler le serment avec ceux de novembre et sauver l’Algérie pour laquelle tant de sacrifices ont été consentis », insiste-t-il. Pour lui, s’agit d’une « démarche salvatrice ». Ali Ghediri dit envisager cette rupture « sans reniement des valeurs de Novembre ».

 

Deuxième République

« De ces dernières, nous en sommes tous jaloux. Elles ont façonné la nation algérienne et l’Etat national naissant et donné sens à notre « moi » national ! Non seulement, ensemble, nous les restaurerons, parce que la déviance de la trajectoire novembriste les a ternies, mais nous en ferons le socle éternel de la Deuxième République que nous nous promettons d’édifier, pour mettre définitivement l’Algérie en phase avec ce que je pense être sa destinée », assure-t-il.

Le général major à la retraite précise que la « deuxième République représente le cœur de (son) projet politique ». « Nous la rebâtirons sur la base d’une réelle refondation démocratique et d’une totale reconfiguration institutionnelle dans le moule d’un projet de société moderniste, dont le peuple aurait participé à la définition de la philosophie autant qu’à la mise en œuvre », souligne-t-il.

« Ce projet ne saurait se réaliser sans l’indispensable jonction du peuple avec son élite. En cela, les « Six immortels » nous ont montré le chemin. Ils ont rêvé d’une Algérie libérée et indépendante. Elle l’est. Nous rêvons d’une Algérie réellement démocratique, fière, prospère et moderne. Elle le sera. Tel est notre pari », conclut la même source.

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